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Inverser la tendance, c'est-à-dire qu’à partir de maintenant, les mauvais moments deviennent majoritaires par rapport aux « bons moments »… Telle une junky, c’est le souvenir de l’effet d’une dose (d’amour) qui me maintient dans un espoir débile…

 

Et le Prince-Pas-Charmant est maitre dans cet art… les « crises » comme il les appelle sont toujours ponctuées d’incroyables déclarations, faites dans les larmes, dans les aveux de la peur de me perdre… etc…

 

S’il avait voulu créer de toutes pièces une atmosphère malsaine et destructrice… il s’y serait pas pris autrement…

 

Donc, deux jours après son retour de vacances, il m’annonce qu’il reçoit une amie chez lui pour trois jours…

 

[Contexte : la tension entre nous n’a absolument pas été abordée, nous partons en vacances à la fin de la semaine, donc, entre ses fils et son amie… inutile d’espérer se dégager un moment en tête à tête pour intelligemment discuter… j’avoue : ça me choque… la politique de l’autruche… je trouve cela puéril… à un point… !!! ]

 

[Admettons]

 

 

Le Prince-Pas-Charmant organise un diner avec ses fils, moi, l’amie en question...

Lorsque j’arrive, la cohabitation avec la boule ne m’est pas encore familière…

Je me sentais si déconnectée de moi-même, que je n’arrivais pas à amorcer une conversation sur un sujet ou un autre… en même temps, son amie parlait suffisamment pour 3…

 

Si j’avais été dans un état d’esprit léger, complice, j’aurais usé de mon légendaire sens de l’humour et de la répartie… Cette facette de moi semblait avoir disparue…

 

L’absence de délicatesse du Prince-Pas-Charmant brille de sous ses éclats : le climat de tension entre nous, qu’il a bien alimenté en me rejetant la faute sur moi (hooo, moi, grande fautive, j’ai osé faire remarqué que j’aurais aimé quelques instants d’attention afin de me confier, me livrer, m’ouvrir…) et en justifiant l’injustifiable, tel que le ferais un ado capricieux…

Donc, dans ce contexte, il explique à sa jeune copine (plus de 15 ans de moins… : il aime bien se sentir adulé…) le déroulement du programme du lendemain : aller se balader en bord de mer, baignade, pot, ramener son jeune fils chez sa mère, puis resto en bord de mer… puis rentrer…

Au sein d’une confiance réciproque, c’est une situation banale… dans un climat de tension, non-dits et mauvaise foi… c’est tortueux…

 

[J’ai laissé faire ça… ! ]

 

Durant cet entre-deux vacances (celles avec son fils, puis les nôtres) j’ai eu la douloureuse impression d’être un vieux, très vieux couple… encrouté dans l’habitude, une habitude ou les mots, les explications n’ont plus leur place… remplacés par des baisers donnés sans regard, des « je t’aime » dit comme pour demander de se taire…

 

La veille que sa copine arrive, il m’appelait pour me demander comment on s’organise pour notre départ en vacances… si je viens chez lui ou s’il passe me chercher… car il préfère prendre sa voiture…

 

Moi, niaise, naïve et déjà bien enfoncé dans la culpabilité… je n’ose lui imposer de passer me chercher… en fait, il me fait bien remarquer que cela lui ferait faire un détour de 60 km… alors, je me tais… et ma voiture restera trois semaine devant sa maison alors que si je la laissait chez moi, non seulement elle serait sous la surveillance de mes enfants, mais en plus, ils pourraient, si besoin l’utiliser…

 

Le samedi de notre départ en vacances il m’appel vers midi pour me dire qu’il passe dans l’après midi me chercher… étonnée de cette proposition, et entendant des bruits de rue derrière sa voix, je lui demande ou il est… « à Nantes » me répond-t-il…

Et j’apprends que sa jeune copine et lui se sont couché si tard, qu’ils avaient la flemg de se lever à l’heure pour qu’elle ait son train à 9h, alors il lui a proposé de l’amener à Nantes afin de gagner 1h30…

 

Trois jours avant, il m’expliquait que c’était ridicule de venir me chercher le jour de notre départ en vacances parce que cela lui ferait faire un détour…

Et hop, il re re re re tourne la faute sur moi : « oui, j’en étais sûr que t’allait me demander ce que je faisais à Nantes, et me reprocher d’avoir ramené ma copine au train »…

 

[C’est sûr que, se prendre se genre d’accusation dans la figure… que puis-je répondre ? Rien… Je suis une méchante coupable de remarquer que l’équité est totalement absente de notre relation… c’est comme il veut, quand il veut, si il veut… et je suis priée de f-e-r-m-e-r m-a g-u-e-u-l-e !]

 

Le Prince-Pas-Charmant m’a souvent, très souvent  dit  -lors de chaque (tentative) de discussion d’ailleurs-  qu’il ne fallait pas s’arrêter sur « ce qui ne va pas », mais plutôt accorder de l’importance à « ce qui va bien »…

En règle générale, je suis assez d’accord, s’arrêter sur chaque détail qui coince un peu, gâche le plaisir du moment présent, la saveur des bons moments…

Mais bon… y’a des limites quand même… un juste milieu à trouver entre s’arrêter sur chaque grain de sable et faire la politique de l’autruche…

 

Il a mis son déguisement d’autruche pour partir en vacances et m’a suggéré tacitement d’en faire autant…

Pendant qu’il était en vacances avec ses enfants, à un moment ou je lui manquais, à un moment ou il « m’aimait » ou il avait encore réussit à m’amadouer avec ses déclarations apprises par cœur… j’avais émis le désir que sur la route nous menant à Bordeaux, on s’arrête à Rochefort en mer voir L’Hermione, que sur la route de Léon en Espagne on s’arrête à Bilbao voir le musée…

Tout amoureux qu’il était à cet instant T, il a joué les grands princes en « m’accordant » cette faveur…

 

J’allais très vite déchanter…

 

Nous arrivons à Rochefort vers 16h00… et il s’enquiert de trouver ou habites des amis à lui pas vu depuis longtemps afin que nous passions les voir…

Des personnes accueillantes, qui semblent à l’écoute et attentionnées…

Le temps d’un café et d’un bavardage (pendant lesquels l’heure tourne). Vers17h30 son ami nous dit : « hé, si vous voulez voir L’Hermione, il vous faut y aller de suite… »

Et de fait… à une heure près, nous ne pouvions plus entrer…

 

Une réalité me traverse l’esprit fugacement : il aurait été plus logique et délicat que l’on commence par visiter l’Hermione, puis qu’on s’arrête chez ses amis…

Mais ce genre de résonnement lui est étranger, car il fonctionne par reflex : il a envie de quelque chose ? Il le fait… et si cela passe avant les envies d’autrui, il s’arrange pour présenter la chose de façon à ce qu’autrui le suive…

Et là, en l’occurrence, visiter l’Hermione ne le branche pas plus que ça… par contre débarquer chez ses potes pas vu depuis qu’il est partit en Guyane dix ans plus tot, lui assure un petit moment de gloire à raconter ses péripéties Guyanaise et son petit couplet de Caliméro abandonné par sa méchante femme qui a osée le quitter et emmener loin de lui ses enfants…

 

Une fois de plus je brandis un « admettons » à la spirale infernale de mes pensées en espérant naïvement qu’elle cesse et que j’arrive à me mentir à moi-même…