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Le lendemain de ce premier RDV, je lui envois par mail les références de livres dont nous avions parlé… ou plus précisément, des livres dont je lui avais parlé et à propos desquels il avait manifesté le désir de les lires…

Si je lui envoyais ces références c’est parce qu’à ce stade, nous n’étions pas censé nous revoir… sinon je lui aurais proposé de lui prêter vu que je les avais moi-même …

[Il n’a pas répondu à mon mail, il ne m’a jamais reparlé de ces livres…]

Deux jours plus tard il m’envoie un sms pour m’informer qu’un film que je souhaitais voir était projeté le lundi suivant… et me propose qu’on y aille ensemble… C’est vrai que ce film je voulais vraiment le voir… je lui réponds donc par SMS un : « Yes ! »…

[Quelques semaines plus tard, lorsqu’il me confira que mon « Yes » et le point d’exclamation qui suivait l’avaient rempli de joie… je n’oserais pas commenter… car pour ma part ce n’était pas un enthousiasme délirant qui me faisait m’exclamer ce « Yes »… mais juste le plaisir de voir le film…]

Lorsque j’arrive à notre rdv, une amie m’appelle et, alors que je lui dis que je vais écourter la conversation car j’ai un rdv dans 2mn… elle me dit :

-        ha ha… et il est bien ?

-        ben… je ne sais pas… la première soirée c’est relativement bien passé… quelques trucs bizarre… mais à voir…

[Lorsque je me souviens de ces ressentis, je réalise que mon intuition n’est pas que légendaire… et que j’aurais dû l’écouter…]

Nous nous retrouvons donc en ville avec pour seul programme d’aller au ciné et  prendre un verre…

Il m’invite au restaurant…

Je me souviens… avoir ressentis… non pas un malaise… mais… comment dire… Il parlait… parlait… encore et encore…

Mettant en avant toutes ses aventures… ses voyages… ses connaissances…

 

Après le ciné il me propose un verre…

Il m’a dit ne pas connaitre la ville, je l’emmène donc dans un café Cubain proche dont l’ambiance est très sympa et les mojitos réputés…

 

Il me remercie de l'avoir emmené dans cet endroit dont il apprécie le décor, l’ambiance, la qualité du mojito…

 

[J'ai compris par la suite, au détour de ses confidences et gaffes, qu'il connaissait déjà, qu'il y était venu plus d’une fois… mais je ne savais pas à l’époque que ce genre de cachoteries lui étaient familières…]

 

Je me souviens avoir préféré le verre après le ciné plutôt que le resto avant le ciné, parce qu’au moins la conversation ressemblait davantage à un échange vu qu’on parlait d’une chose commune : ce que l’on pensait du film…

 

Il me propose un autre verre… que je décline au vu de ce que l’on a déjà consommé… on décide alors d’un verre pour deux…

 

[Ce rapport à l’alcool me gênera durant tout le temps que l’on s’est côtoyé… trop, trop souvent, trop d’abus… et surtout aucune prise en compte de mes suggestion à diminuer cette consommation alors même qu’il approuvait que moins, ça serait mieux…Une des facettes de son fonctionnement : approuver ce que je dis, allant même jusqu’à me complimenter d’avoir eu telle idée ou d’avoir remarqué telle chose ou de donner tel conseil… histoire de me valoriser… tout cela pour mieux me descendre vu que ses paroles ne sont jamais en accords avec ses actes… et, être face à quelqu’un dont les actes sont opposés au discourt… c’est déstabilisant...]

 

Après cette soirée ciné-resto-bar, il me raccompagne à ma voiture… et, alors qu’on se fait la bise pour se dire au revoir… je le sens un peu emprunté, je devine son envie d’un baiser…alors, quand il bifurque légèrement sa tête… je me laisse faire…

 

[Il s’amusera plus tard à dire « c’est toi ou c’est moi qui a « dérapé » vers les lèvres… et comme pour le « Yes » avec point d’exclamation, je n’oserais pas le vexer en répondant que non… s’il n’avait pas fait le 1er pas… je ne l’aurais pas fait... sans qu’une quelconque timidité m’en empêche… je n’étais juste pas tenaillée par l’envie de le faire… je me suis donc « laisser entrainer »…]

 

Notre langage non verbal en dit aussi long que notre langage verbal… Aussi, avec le recul que j’ai à ce jour, je pense que son inconscient a noté mon attitude à « laisser faire », « laisser dire » et… « me taire »… autrement dit, lui laisser carte blanche de prendre toute la place qu’il veut, quitte à ce que la mienne soit restreinte…

 

Donner le bâton pour se faire battre….