01 juin 2015

12 - 1ere perte de repères…

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En juillet, le Prince-Pas-Charmant part en vacances avec son fils, trois semaines. Nos vacances communes, nous les avons prévus en aout (il a de la facilité sur le plan des congés).

Il me demande si je ne pourrais pas descendre les rejoindre quelques jours… Je lui réponds sur le ton de l’humour « non… je dois bosser un peu quand même ! », il n’insiste pas et me dit que je vais lui manquer, je lui rétorque la même chose…

 

[Lorsque l'on est en "amour" comme disent les canadiens... quelle est l'attitude la plus appropriée ? Tenter l'autre... ou le soutenir ?]

 

Mes repères au sein de cette relation volent en éclat quatre jours après le début de ses vacances…

Je rencontre un problème dans ma vie. Pas grave, mais cela me tracasse, et même me mets en colère.

Le soir de cet incident, lors de notre appel journalier, je fais part de ce qui me tracasse à mon amoureux.

La conversation dure 2mn30, montre en main. Et durant celle-ci, il me fait part de son choix cornélien : prendre l’apéro avant ou après un plongeon dans la piscine.

 

Bon, on est pas toujours « à l’écoute » de l’autre (quel qu’il soit) et, nos occupations du moment peuvent faire que nous n’entendons pas que l’autre a besoin de parler…

 

Après notre courte conversation téléphonique, je ressens quand même une impression plus que bizarre… mais je me résonne en me disant qu’il a juste, pas percuté…

Le lendemain, je le lui dis… : que la veille j’avais besoin de parler et que j’ai été frustré de la rapidité de notre échange…

 

Et là… il bascule dans la justification…

Tout y passe… c’est parce qu’il avait des invités et qu’il gérait le diner, les courses, etc… parce que son fils boudait et faisait du chantage affectif, … parce que « ma chérie, nous sommes dans deux réalités différentes… et dès lors, nous ne pouvons prendre celle de l’autre en compte… » [...]

 

J’ai comme un blanc dans mon esprit… je ne comprends pas… qu’est-ce qu’il me raconte ? qu’est-ce que tout cela a comme rapport avec le fait de prendre ¼ d’heure pour écouter la personne qu’on aime ?

 

Bon, il était débordé, il n’a pas percuté. Soit. Où est le problème ? Y’en a pas !

 

Non. Le problème n’est pas dans le fait qu’il n’ait pas percuté parce qu’il était ailleurs mentalement….

Le problème c’est qu’il bascule dans la justification…

Alors qu’il serait si simple de dire (par exemple) : « oh, désolée mon cœur, j’étais ailleurs ». Et, à ce moment me faire part de ses propres tracas… puis me proposer de reprendre la conversation…

 

Sa réaction m’a profondément perturbé.

Je n’ai pas pu m’empêcher de revenir sur le sujet.

Je n’arrivais tout simplement pas à croire que le mec qui m’adore, qui veux mon bonheur, qui a peur de me perdre, qui souhaite être un soutien pour moi… transforme une demande d’écoute en…. Problème…

 

Le fait que je revienne sur le sujet l’a emmené plus loin dans la justification, et l’agacement.

 

Il m’explique qu’il  est débordé, que son fils fait des caprices, que son oncle est hospitalisé, qu’il doit gérer l’intendance pour ses amis, qu’il ne peut pas être partout et encore moins avec moi dès que je rencontre un souci…

(et vlan, prend ça, TU as des soucis et en plus tu ES exigeante !)

Il me dit qu’on fait une pause téléphonique, parce que c’est le téléphone qui pose problème.

 

Celui qui me parle au téléphone, je ne le connais pas. Ce n’est pas le mec ouvert, tolérant et sociable que j’ai connu 10 mois tôt.

 

Deux jours après la « pose téléphonique », nous nous appelons.

 

Il me dit qu’il m’aime, que je lui manque. Il me demande s’il fait beau chez moi. Il me raconte ses journées. Il me dit qu’une amie vient d’arriver pour quelques jours. Il me donne des nouvelles de son oncle.

 

Ce qui s’est passé entre nous est soigneusement évité, nier, voir, n’a pas exister.

 

J’aborde le sujet. Moi, je continue de voir en lui un mec intelligent qui préfère mettre les points sur les i plutôt que de faire la politique de l’autruche… un mec qui sait que les choses non réglées finissent par gangréner…

 

Et là, c’est le CLASH.

 

J’ai été trop loin, il ne supporte pas que je revienne sur le sujet.

« Je veux trop, je suis jalouse qu’il soit avec d’autre, j’aimerais qu’il pense tout le temps à moi, qu’il m’appelle tout le temps… »

 

J’ai passé deux jours dans le questionnement le plus total, essayant de comprendre le lien entre l’expression d’une frustration à ne pas avoir pu parler d’un souci et tous les reproches qu’il me fait…

 

Je n’arrivais absolument pas à croire que les choses partent en vrille comme ça…

 

Persuadée que le dialogue est salvateur, je lui écris une longue lettre (par mail).

Le matin du deuxième jour, je lui envoie un sms pour le lui dire, car je sais que l’accès à internet est limité et qu’il n’ira voir pas voir sa boite mail, à moins que je l’en prévienne.

Il me répond par sms qu’internet pose problème, qu’il ira dans un cyber café voir mon mail et l’imprimer afin de pouvoir le lire seul.

 

A 23h, je n’avais toujours pas de nouvelles.

Je me suis posée mille questions.

A-t-il si mal pris mon mail qu’il ne désirait plus me contacter ?

Son oncle hospitalisé est-il mort ?

Son fils a-t-il eu un souci ?

Ses amis peut-être un souci ?

 

Je lui envoie un sms. Il me répond qu’il est en train de diner, qu’il a bien eu mon mail et qu’il m’appellera plus tard…

Lorsqu’il appelle, je ne peux pas résister à l'envie de lui faire remarquer qu'un certain savoir vivre aurait voulu qu’il me prévienne « j’ai récupérer ton mail, je le lirais dès que je serais seul, je t’appel plus tard »…

 

J’ai dit cela sans agressivité ou colère… j’avais déjà à l’époque perçu inconsciemment l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de ma tête : si je vais trop loin, elle tombe sur la relation…

 

Notre échange est donc empreint de gêne et d’une certaine tension…

Et ce durant trois jours.

Le troisième jour, avant de me rendre à une soirée, je l’appelle, avec l’intention de « retrouver » une complicité. Je lui fais part de cette intention. Il se crispe, il croit que je veux « repartir » sur ce qui nous a heurtés… j’abdique à contre cœur… on raccroche et je pleure...

 

Petite voix : -Mais… cela n’aurait-il pas été judicieux de crever l’abcès ?

Moi          : -Mhéééé, p’tite voix, non ! Tu comprends rien ou quoi ! La politique de l’a-u-t-r-u-c-h-e !....  

Petite voix :-ah bon ?!....

                 -mais alors, le retour de boomerang est assuré…

                 -vous le savez tous les deux, ou vous   êtes cons ?....

Moi          :-On est con, et tais-toi la voix !

 

La boule cachée est réapparue… plus grosse, plus lourde, plus douloureuse, plus… tout…

 

[Pour la p’tite info, il n’a jamais répondu à mon mail… que ça soit par mail, par téléphone, ou en face à face plus tard]

 

Jusqu’à la fin de ses vacances, nous avons eu deux ou trois autres heurts (de mémoires deux, mais je ne suis pas sûre). C'était une alternance de tensions, passion, engueulade, déclaration d'amour en larme... Lors d'une discussion très chargée émotionnellement, il me demande de venir le rejoindre...

Avec du recul, je me demande dans quelle mesure sa proposition n'était "calculé"... Car,  je n'en ai ni les moyens (à mon compte et en manque de clients), ni le temps (si je m'absente encore, c'est pas ça qui va faire venir les clients... Lui, en tant que prof a deux mois de vacances, tant mieux pour lui... mais, il était parfaitement au courant de ma situation...

[Il m'a lui même fait remarqué 3 mois plus tard, qu'il n'était pas dûpe sur le peu d'activité que j'avais, et ce, sous forme de reproche de ne pas lui faire par de mes soucis financiers...]

J'ai donc refusé, même si j'en avais très envie...

 

[Par la suite, il argumentera sa "bonne foi" à vouloir arranger les choses en rappelant qu'il m'avait proposé de le rejoindre... et moi la "pas gentille", et bien... j'ai même pas voulu !!!]

 

Je commençais à perdre mon objectivité… à avoir du mal à comprendre les événements qui s’étaient joués…

 

Il revient de vacances. Il m’appelle de suite, il a envie de me voir, je lui manque, il aimerait qu’on se voit ce soir.

Je lui réponds que je ne peux pas, ma cousine se marie, je suis au banquet jusqu’à tard dans la nuit.

On se voit le lendemain, on tombe dans les bras l’un de l’autre.

On s’aime, on s’est manqué, on s’embrasse et s’enveloppe de tendresse.

 

Motus et bouche cousu sur notre 1er heurt.

 

Je meurs d’envie d’éclaircir nos différents, mais sa réaction lorsque par téléphone, j’ai « ré-abordé » le sujet, est encore toute fraiche et douloureuse à mon esprit, l’ombre de l’épée de Damoclès rode… je n’ose pas.

 

Non seulement il n’y fera aucunes allusions, mais deux jours après son retour, il laissera le caractère ambiguë d’une situation s’installer sans y mettre le moindre mot (afin que justement le coté ambiguë s’évapore de lui-même et SURTOUT, ne vienne pas alourdir les tensions non dissipées que l’on a rencontré les semaines passées)…

 

J’ai donc commencé à apprendre comment vivre avec une boule…

Les premières conséquences de cette cohabitions avec la boule ont été que ma concentration pour mon travail a pris une bonne claque…

 

 

 

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02 juin 2015

13 - Inverser la tendance…

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Inverser la tendance, c'est-à-dire qu’à partir de maintenant, les mauvais moments deviennent majoritaires par rapport aux « bons moments »… Telle une junky, c’est le souvenir de l’effet d’une dose (d’amour) qui me maintient dans un espoir débile…

 

Et le Prince-Pas-Charmant est maitre dans cet art… les « crises » comme il les appelle sont toujours ponctuées d’incroyables déclarations, faites dans les larmes, dans les aveux de la peur de me perdre… etc…

 

S’il avait voulu créer de toutes pièces une atmosphère malsaine et destructrice… il s’y serait pas pris autrement…

 

Donc, deux jours après son retour de vacances, il m’annonce qu’il reçoit une amie chez lui pour trois jours…

 

[Contexte : la tension entre nous n’a absolument pas été abordée, nous partons en vacances à la fin de la semaine, donc, entre ses fils et son amie… inutile d’espérer se dégager un moment en tête à tête pour intelligemment discuter… j’avoue : ça me choque… la politique de l’autruche… je trouve cela puéril… à un point… !!! ]

 

[Admettons]

 

 

Le Prince-Pas-Charmant organise un diner avec ses fils, moi, l’amie en question...

Lorsque j’arrive, la cohabitation avec la boule ne m’est pas encore familière…

Je me sentais si déconnectée de moi-même, que je n’arrivais pas à amorcer une conversation sur un sujet ou un autre… en même temps, son amie parlait suffisamment pour 3…

 

Si j’avais été dans un état d’esprit léger, complice, j’aurais usé de mon légendaire sens de l’humour et de la répartie… Cette facette de moi semblait avoir disparue…

 

L’absence de délicatesse du Prince-Pas-Charmant brille de sous ses éclats : le climat de tension entre nous, qu’il a bien alimenté en me rejetant la faute sur moi (hooo, moi, grande fautive, j’ai osé faire remarqué que j’aurais aimé quelques instants d’attention afin de me confier, me livrer, m’ouvrir…) et en justifiant l’injustifiable, tel que le ferais un ado capricieux…

Donc, dans ce contexte, il explique à sa jeune copine (plus de 15 ans de moins… : il aime bien se sentir adulé…) le déroulement du programme du lendemain : aller se balader en bord de mer, baignade, pot, ramener son jeune fils chez sa mère, puis resto en bord de mer… puis rentrer…

Au sein d’une confiance réciproque, c’est une situation banale… dans un climat de tension, non-dits et mauvaise foi… c’est tortueux…

 

[J’ai laissé faire ça… ! ]

 

Durant cet entre-deux vacances (celles avec son fils, puis les nôtres) j’ai eu la douloureuse impression d’être un vieux, très vieux couple… encrouté dans l’habitude, une habitude ou les mots, les explications n’ont plus leur place… remplacés par des baisers donnés sans regard, des « je t’aime » dit comme pour demander de se taire…

 

La veille que sa copine arrive, il m’appelait pour me demander comment on s’organise pour notre départ en vacances… si je viens chez lui ou s’il passe me chercher… car il préfère prendre sa voiture…

 

Moi, niaise, naïve et déjà bien enfoncé dans la culpabilité… je n’ose lui imposer de passer me chercher… en fait, il me fait bien remarquer que cela lui ferait faire un détour de 60 km… alors, je me tais… et ma voiture restera trois semaine devant sa maison alors que si je la laissait chez moi, non seulement elle serait sous la surveillance de mes enfants, mais en plus, ils pourraient, si besoin l’utiliser…

 

Le samedi de notre départ en vacances il m’appel vers midi pour me dire qu’il passe dans l’après midi me chercher… étonnée de cette proposition, et entendant des bruits de rue derrière sa voix, je lui demande ou il est… « à Nantes » me répond-t-il…

Et j’apprends que sa jeune copine et lui se sont couché si tard, qu’ils avaient la flemg de se lever à l’heure pour qu’elle ait son train à 9h, alors il lui a proposé de l’amener à Nantes afin de gagner 1h30…

 

Trois jours avant, il m’expliquait que c’était ridicule de venir me chercher le jour de notre départ en vacances parce que cela lui ferait faire un détour…

Et hop, il re re re re tourne la faute sur moi : « oui, j’en étais sûr que t’allait me demander ce que je faisais à Nantes, et me reprocher d’avoir ramené ma copine au train »…

 

[C’est sûr que, se prendre se genre d’accusation dans la figure… que puis-je répondre ? Rien… Je suis une méchante coupable de remarquer que l’équité est totalement absente de notre relation… c’est comme il veut, quand il veut, si il veut… et je suis priée de f-e-r-m-e-r m-a g-u-e-u-l-e !]

 

Le Prince-Pas-Charmant m’a souvent, très souvent  dit  -lors de chaque (tentative) de discussion d’ailleurs-  qu’il ne fallait pas s’arrêter sur « ce qui ne va pas », mais plutôt accorder de l’importance à « ce qui va bien »…

En règle générale, je suis assez d’accord, s’arrêter sur chaque détail qui coince un peu, gâche le plaisir du moment présent, la saveur des bons moments…

Mais bon… y’a des limites quand même… un juste milieu à trouver entre s’arrêter sur chaque grain de sable et faire la politique de l’autruche…

 

Il a mis son déguisement d’autruche pour partir en vacances et m’a suggéré tacitement d’en faire autant…

Pendant qu’il était en vacances avec ses enfants, à un moment ou je lui manquais, à un moment ou il « m’aimait » ou il avait encore réussit à m’amadouer avec ses déclarations apprises par cœur… j’avais émis le désir que sur la route nous menant à Bordeaux, on s’arrête à Rochefort en mer voir L’Hermione, que sur la route de Léon en Espagne on s’arrête à Bilbao voir le musée…

Tout amoureux qu’il était à cet instant T, il a joué les grands princes en « m’accordant » cette faveur…

 

J’allais très vite déchanter…

 

Nous arrivons à Rochefort vers 16h00… et il s’enquiert de trouver ou habites des amis à lui pas vu depuis longtemps afin que nous passions les voir…

Des personnes accueillantes, qui semblent à l’écoute et attentionnées…

Le temps d’un café et d’un bavardage (pendant lesquels l’heure tourne). Vers17h30 son ami nous dit : « hé, si vous voulez voir L’Hermione, il vous faut y aller de suite… »

Et de fait… à une heure près, nous ne pouvions plus entrer…

 

Une réalité me traverse l’esprit fugacement : il aurait été plus logique et délicat que l’on commence par visiter l’Hermione, puis qu’on s’arrête chez ses amis…

Mais ce genre de résonnement lui est étranger, car il fonctionne par reflex : il a envie de quelque chose ? Il le fait… et si cela passe avant les envies d’autrui, il s’arrange pour présenter la chose de façon à ce qu’autrui le suive…

Et là, en l’occurrence, visiter l’Hermione ne le branche pas plus que ça… par contre débarquer chez ses potes pas vu depuis qu’il est partit en Guyane dix ans plus tot, lui assure un petit moment de gloire à raconter ses péripéties Guyanaise et son petit couplet de Caliméro abandonné par sa méchante femme qui a osée le quitter et emmener loin de lui ses enfants…

 

Une fois de plus je brandis un « admettons » à la spirale infernale de mes pensées en espérant naïvement qu’elle cesse et que j’arrive à me mentir à moi-même…

 

 

 

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14 - Froideur, non-dit et indélicatesses précédent la mauvaise foi…

 

Capture

 

Pendant notre visite du bateau, il décrète qu’on s’arrêterait bien chez une amie à lui qui habite Bordeaux… et il l’appelle dans la foulée… l’amie lui propose qu’on dorme chez elle… le combiné à l’oreille, il me demande si je suis d’accord…

Bien joué, ainsi, je n’ai d’autre choix que d’accepter… à moins que, maso, j’ai envie de me voir accusé d’être jalouse et possessive…

1/4h après l’amie rappelle, en fait cela ne va pas être possible : elle a une veillée pour un proche à elle, décédé qq jours plus tot…

 

Je n’ai pu me retenir de penser un « ouf »… non pas que je n’avais pas envie de voir cette femme (que je connais et apprécie, pour l’avoir invité aux cinquante ans du Prince-Pas-Charmant) mais, commencer nos vacances par flâner un peu à Rochefort, puis un peu à Bordeaux, puis diner dans un p’tit resto et nous retrouver tranquille pour la soirée… ne me semblait pas un luxe au vu des tensions du mois précédant…

 

[Il commenterait cela par « ta vision d’un couple n’est pas la mienne »…auquel j’aurais plutôt envie de dire, que si : régler un différent, dissiper un malaise, aplanir les tensions et faire en sorte de re créer un climat serein… n’est qu’une « vision » de la vie de couple… il peut s’en faire pour son avenir sentimental... ou plutôt ses futurs victimes…]

 

Donc, nous voilà seuls à Bordeaux… ou nous ne restons pas longtemps… il ne semble pas apprécier cet état de faits… nous dinons dans un resto qui est plus une sandwicherie qu’autre chose… une fois de plus je n’ose m’imposer… j’ai une drôle d’impression de devoir « rester à ma place »…

Je connais un peu Bordeaux… certains quartier animés sont pittoresques et plein de resto étonnants… et par cette douceur d’été, flâner dans les rues après diner aurait été très agréable…

Il ne veut pas laisser la voiture seule trop longtemps… soit disant qu’on repère de suite que c’est une voiture de touristes…

Une fois de plus, je dois abdiquer : pour peu qu’on nous cambriole alors que j’aurais émis le souhait de nous balader après le repas…

De plus, il nous reste encore 1h30 de route… et, il ne veut pas arriver trop tard (c’est la maison de campagne de ses parents, elle est vide, personne ne nous attends… ou comment refuser sans en avoir l’air…)

 

En règle générale, il se couche rarement avant minuit, et donc encore moins en vacances… mais bon… au cours du mois précédent, il n’a pas hésité à faire deux heures de route aller et même chose retour, dans la même soirée, pour voir un concert…

Mais profiter de la douceur du temps de l’opportunité d’avoir un moment tranquille pour dissiper des tensions amoureuses… Non…

 

[Comme il veut, quand il veut, et si il veut…]

 

Notre première nuit de vacances… il me fait visiter la maison de campagne… fier des anecdotes de son enfance passée en partie ici… il sait y faire pour créer une complicité factice… et j’y crois…

Le lendemain ses parents arrivent, nous passons une agréable soirée ensembles… lorsque nous nous couchons, le Prince-Pas-Charmant me fait part de son plaisir à m’avoir vu discuter avec son père sur des sujets qu’ils ont du mal à aborder sans se fâcher…

Il me redit son amour immense, sa fierté d’être avec moi, son désir que ça dure toujours…

 

[Caramel, bonbons et chocolat…Des mots faciles des mots fragiles…]

 

Le lendemain : notre troisième jour de vacances : une seule soirée seuls et pas l’ombre de la queue d’un semblant de discussion sur ce qui nous a fait souffrir mutuellement en juillet…

 

Il appelle un copain. Le dit copain lui apprend que son fils est dans la région ou nous nous trouvons… il voyage en stop avec sa femme…

Ni une, ni deux, le Prince-Pas-Charmant appelle le fils de son pote pour lui proposer de venir passer un moment dans la maison de campagne de ses parents…

Evidement, je ne suis pas consultée sur le déroulement de ces vacances qui sont quand mêmes censées êtres les nôtres…

 

Quelque chose que j’ai trouvé bizarre à l’époque : ses parents, apprenant que le jeune couple arrivait, décidèrent de partir dans leur appartement de Léon en Espagne plus tôt, afin que l’on soit « tranquille »…

Un peu comme si, rien ne devait contrarier le fils ainé…

 

Le jeune couple arrive. Très sympathique tous les deux, plein de vie, d’envies, de découvertes… ils nous apprennent qu’elle est enceinte… nous passons une très agréable soirée… tellement agréable que je me remets à être optimiste : nous avons trois semaines devant nous, c’est plus qu’il n’en faut pour nous « retrouver » et communiquer intelligemment…

Il me semble même que Prince-Pas-Charmant est sur la même longueur d’onde que moi, car après avoir évoqué sur divers sports avec le jeune couple, et partagé des anecdotes sur nos expériences de canyoning, il me demande si je serais d’accord pour en faire en Espagne… J’approuve complètement, nous nous en réjouissons ensemble…

 

Mais trouver le lieu et le club, se révèle un peu plus compliqué… et Prince-Pas-Charmant, décrète, qu’on verra cela lorsqu’on sera chez ses parents à Léon…

Okay…

 

Prince-Pas-Charmant se transforme en guide touristique : nous allons tous les quatre visiter un petit village pittoresque absolument magnifique…

 

J’avais le sentiment d’accompagner un pote… nos activité étaient intéressantes et agréable, mais… comment dire… le coté humain, relationnel était pauvre, pour ne pas dire absent… Il brillait par ses connaissances… Il se mettait en avant, il se délectait d’être celui qui fait découvrir tous ces beaux lieux…

Lorsque dans l’après midi nous nous posons pour prendre un verre en terrasse… la discussion tourne autour de la grossesse de la femme, de la nutrition, de la santé, ect… comme dans ce domaine j’en connais un rayon pour être moi-même mère et avoir placé l’hygiène de vie en priorité pendant mes grossesses et pour mes enfants… je donne mon point de vue et quelques conseils lorsque le jeune couple me le demande…

 

Prince-pas-Charmant, ne participe pas à la conversation… il semble ne rien comprendre…

Alors même qu’il se proclame écolo, qu’il désapprouve la malbouffe et critique le fait que la mère de ses enfants servirait trop souvent des plats surgelés…

 

Bon, il reprend les rennes au bout de vingt minutes pour nous emmener chez un producteur de cognac qu’il connait… là, il peut de nouveau être « celui qui sait »…

 

Le lendemain : départ pour tout le monde. Nous vers Bilbao et le jeune couple… aussi pour l’Espagne…

Prince-Pas-Charmant leur propose alors de faire route commune jusqu’à San Sébastian…

 

[Et hop, encore un « tête à tête » évité]

 

San Sébastian… jolie ville côtière, impossible de ne pas se croire en vacances…

Après avoir cherché le camping et installé nos tentes, nous retournons en ville pour diner de tapas…

Et là, je constate que Prince-Pas-Charmant a des habitudes bien ancrées dont il lui est difficile (pour ne pas dire impossible) de se défaire : choisir un restaurant, relève de l’exploit : il doit y avoir du monde à l’intérieur (sinon, c’est que c’est pas bon), les prix doivent être plus que raisonnable (parce que… ché pas… il semble avoir un sorte d’hérisson en guise de porte monnaie dès lors qu’il ne s’agit pas d’apéro ou de digeo…)

Trois quart d’heure plus tard et quelques kilomètres de ruelles dans tous les sens, nous finissons par rentrer dans un resto à touriste (tous les resto de ce quartier sont « à touriste », car la ville entière est un piège à touriste…).

J’avais bien tenté d’influencer le petit groupe sur tel ou tel resto, mais toujours les prix et le nombre de clients visibles de la rue ne correspondaient pas à ses critères…

 

Nous dinons donc de truc moyens, plutôt cher et dans une ambiance bruyante empêchant toutes discussions amicale sensée animer ce genre de soirée… nous ne trainons donc pas…

 

L’après diner appelle évidement un verre… rebelote pour le choix du café, et si le prix ne rentre plus en ligne de compte, il est important quand même de vérifier si un café ne pratiquerait pas encore -malgré l’heure tardive- des « happy hours »…

 

[Qu’elle que soit la ville ou Prince-Pas-Charmant se trouve, il n’a pas son pareil pour dénicher un bar qui pratique les « happy hours »… pouvant ainsi allégrement doubler la consommation de ses cocktails favoris : Mojito et Caipirinha]

 

Sur ce nous rentrons au camping pour dormir…

 

Un camping… c’est : un camping… avec tous les inconvénients que cela comporte : bruits des voisins, sols pouvant être caillouteux… ect…

Et bien, Prince-Pas-Charmant qui ne jure que par le camping en bon « baroudeur » comme il se présente, trouve le moyen de critiquer nos voisins jeunes et bruyants… et de se lever  dans la nuit -très énervé- pour leur demander de se taire… je crois que nous avons frôlé l’incident diplomatique…

 

Bien sûr le lendemain il avança le manque de savoir vivre des jeunes… ect, ect, ect…

Je n’ai pas osé lui faire remarquer devant le jeune couple qui nous accompagnait qu’il est tout à fait possible de demander de se taire ou de faire moins fort, sans s’énerver et en faire une montagne…

 

Nous commençons cette journée par : un bon petit déjeuner…

Normal me direz vous… mais, si je n’avais pas insisté pour que l’on emmène un réchaud, casserole, et quelque victuailles… nous aurions dû retourner en ville, à la recherche d’un café qui lui plaise et qui propose un petit déj… avec l’addition qui va bien…

 

La jeune femme enceinte a plus qu’apprécié le thé au lait de riz accompagné de biscotte bio tartinée de purée d’amande…

Prince-Pas-Charmant n’en dit pas un mot… comme s’il s’appliquait à laisser entendre qu’en tant que bon baroudeur qui en a vu d’autre, un simple café noir est amplement suffisant…

 

[C’est vrai, qu’en ces temps de guerre, mes envies relèvent un peu du caprice ! Manquerais plus que je me crois en vacances !]

 

Hormis un manque évident d’attention et de délicatesse de Prince-Pas-Charmant, ces trois dernier jours ont été exempt de tension et même empreint de rapprochement amoureux… Et, tandis que le jeune couple étudie le meilleur trajet en stop pour se rendre là ou ils ont prévu d’aller, j’expose le désir de dormir à Bilbao -ou nous avons prévu de nous arrêter pour visiter le musée Guggenheim-… Prince-Pas-Charmant me répond du tac au tac : « non, la ville est moche, y’a rien à voir à part le musée », et un argument suplementaire : ses parents nous attende pour le soir même…

Le ton ne laisse pas entrevoir de discussion possible, et, malgré que je tente de négocier en avançant que, ne connaissant pas du tout la ville, j’aimerais bien la découvrir, même si elle n’est pas aussi  belle et touristique que San Sébastian, et qu’il nous est tout à fait possible d’appeler ses parents pour prévenir que nous arriverons le lendemain… après tout, nous sommes en vacances, nous avons tout notre temps…

Il ne veut rien savoir, mais ne dévoile pas son autoritarisme et, face à notre jeune couple d’amis il me restait le choix de faire une scène ou me taire… vexée, et même blessée, j’ai opté à contre cœur pour la seconde solution…

 

Prince-Pas-Charmant à un reflex innée : toujours se présenter comme le mec le plus arrangeant, serviable et attentionnée (lorsque cela se voit, ça va sans dire), il se démène donc pour trouver LE meilleur emplacement qui conviendra au jeune couple pour se poster à faire du stop… lors de cette recherche nous nous arrétons dans un supermaché pour que ce jeune couple y fasse le plein de victuaille…

Le tout nous amène à plus de 13h… De l’avis général, le musée de Guggenheim demande un minimum de 3h pour le visiter tranquillement, comme on peut espérer le faire en temps de vacances… et si l’on est curieux d’art on peut même y passer jusqu’à cinq heure…

 

Mais comme  Prince-Pas-Charmant se croit investit du rôle de protecteur du jeune couple et qu’ensuite nous avons plus de trois heures de route pour rejoindre Léon ou habites ses parents pendant ce mois d’aout… je commence à réaliser que son prétexte de temps pour refuser qu’on passe la nuit à Bilbao, est encore une facette de son habitude à faire « comme il le veut, quand il le veut, ou il le veut »….

 

Des pensées contradictoires se bousculent dans ma tête… induisant des questions dont les réponses me font peur…

Je tente d’enfouir ces questions afin que les réponses n’émergent pas…

Mais c’est dur, j’ai une boule dans la gorge et dans l’estomac. Prince-Pas-Charmant le remarque et son attitude devient plutôt froide ;  je ne corresponds plus à ce qu’il attend d’une amoureuse : être aveuglement amoureuse et le lui faire sentir…

 

Arrivé à Bilbao, nous ne prenons même pas la peine de nous poser tranquillement sur un bout de pelouse pour nous délecter du soleil, de cet air de vacances, nous mangeons un sandwich en un quart d’heure sur le banc devant le musée…

Et là, ma boule augmente tellement qu’il m’est difficile d’avaler les bouchées de ce sandwich… sur l’écran de mes pensées, se projette un scénario qui aurait pu être : flâner tranquillement pour trouver un p’tit resto abordable, profiter de ce moment en tête à tête, visiter le musée, et aller planter notre tente dans un camping de la ville pour une deuxième nuit seuls…

 

Nous avons visité le musée en moins d’une heure trente. Sans un mot. Les œuvres s’affichaient devant moi sans que je ne les vois réellement… trop occupée à gérer la boule qui devenait douloureuse…

 

A la sortie du musée, il me demande froidement, presque sèchement : « bon alors, tu veux qu’on dorme là ?! »… Comme s’il cédait au caprice d’un enfant… je me sentais humiliée, et aussi prise au piège : si je disais « oui », la soirée qui s’annonçait risquait d’être difficile et je porterais la responsabilité de cette tension…

Il aurait tout aussi bien pu me prendre dans ses bras en me posant cette question, mettant en avant une volonté de rapprochement… mais en m’imposant de choisir de rester ici ou partir, il s’octroyait la facette du mec de bonne volonté et du même coup s’assurait une excuse en béton si toute fois j’osais re-aborder le sujet…

 

L’atmosphère durant les derniers kilomètres qui nous mènent à Léon était oppressante. Moi je n’arrivais pas à croire que cet homme qui, onze mois plutôt me disais que le partage, l'engagement, l'échange et le soutient doivent présider dans une relation… puisse avoir une telle attitude tout en m’assurant qu’il m’aime, qu’il m’aime, qu’il m’aime, qu’il m’aime…

Et lui, je suppose qu’il était totalement perdu en constatant que je ne tournais plus en orbite autour de SA personne…

 

Nous arrivons à Léon, ses parents nous accueillent chaleureusement. Je suis presque soulagé de ne pas être seule avec lui. Je m’efforce d’être optimiste quant à la suite de nos vacances.

Le soir, le diner est bien arrosé et l’alcool nous aide à nous rapprocher.

Je m’endors plein d’espoir sans savoir que le pire est à venir…

 

 

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14 - Le "roi" a tous les droits....

 

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Léon… une fin d’après-midi, nous sortons en ville après une sieste… l’ambiance est légère, il fait beau, l’air est doux, nous sommes amoureux…

Cette agréable atmosphère de vacances me rends confiante et me fait oublier nos difficultés de communication… et.... : j’ai le malheur de commenter le câlin de notre sieste…

J’ai naïvement cru que les conditions étaient réunis, de plus, non n’étions pas « dans le lit de la chambre » (lieu interdit au dialogue, juste au relation sexuelles !)…

 

Comme les fois précédentes, son attitude laisse entendre que je le juge, le critique, voir le rabaisse… la discussion est partie en vrille…

 

J’étais littéralement « ébranlée »… ça n’arrêtera donc jamais ! Le moindre mot, phrase, attitude est perçue comme une critique…

 

Ces non-dialogues constants, me donnent l’impression d’être coupable, et je m’épuise à constamment chercher une solution pour trouver un langage commun…. non seulement en vain, mais ça me revient en boomerang : il me reproche de sans cesse revenir sur les mêmes sujets, d'alimenter à l'infini nos différents...

 

En tout cas, après deux-trois heures de non-dialogue chargées de tension… devant une sorte de dictature : ne pas reparler des sujets qui fâchent... : j'aimerais être ailleurs.

Partir d’ici, arrêter d’être niée… Quitter ce cauchemar… Seulement, je ne peux pas, car nous sommes à l’étranger, hébergé chez ses parents.

 

J'aimerais que le respect rivalise avec l’échange et l’écoute… j’en ai marre que ses peurs dominent notre relation…

Je me sens tellement loin de moi-même que je me fige. Je lui dis qu’il m’est impossible de rentrer, là maintenant chez ses parents.

 

 

Je ne sais pas ce que je voulais en me figeant ainsi, et je n’ai rien programmé… mais continuer sur le registre de l’hypocrisie était au-dessus de mes forces…

Il appelle sa mère afin qu’elle ne nous attende pas pour diner…

Puis,  il « attends »… comme un parent attendrait que son enfant cesse un caprice…

La confusion qui m’habitait devenait douloureuse, la boule était à son paroxysme… des bras tendres et chaleureux auraient été les bienvenues, ainsi que des paroles réconfortantes, franches, sans détours, dans le désir d’établir un vrai dialogue

Et alors que son agacement laissait place à une colère sourde, j’ai trouvé la force de reprendre un masque de « comme si de rien n’était » pour rentrer nous coucher…

Nous coucher sans tendresse, sans mots, sans… humanité…

 

Le réveil a été dur… j’étais encore sonnée… Je sentais son agacement grandir à chaque altercation… je sentais de façon encore plus importante l’injonction sourde à "ne pas revenir sur un sujet qui fâche"…

 

J’avais (trop) souvent envie de pleurer… je me sentais me diluer dans une mélasse indescriptible…

La place de la boule au ventre avec laquelle j’avais appris à vivre, devenait handicapante…

Lui, reprit son masque d’amoureux transit…. -Comme si de rien n’était-….

 

[L’attitude idéale pour m’enfoncer dans la culpabilité :

-         si j’ai le malheur de faire allusion à nos différents : je casse le décor du parfait petit couple qu’il peaufine tant bien que mal…

-         si je n’arrive pas à sortir de l’hébétude dans laquelle nos heurs m’ont plongé : ça prouve que je suis une nana tordue…

Dans les deux cas, il a le beau rôle et moi celui de l’empêcheuse de tourner en rond ! Son scénario est vraiment bien rodé]

 

Donc, en bon chevalier servant, il m’emmène dans le village natal de ses parents… En me déclarant à quel point il est heureux d’être là avec moi… à quel point il est heureux de me présenter sa famille qui vit là-bas…

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[Il a le chic pour employer un ton solennel et laisser son émotion paraitre un peu plus que ne le veut ce genre de situation… En fait, juste ce qu’il faut pour que l’image du mec bien et attentionné domine dans mon esprit…]

 

Et alors que ses cousins et cousines, nous accueillent à bras ouvert, son attitude restera gravée dans ma mémoire et m’aidera plus tard, à comprendre le bordel qu’il y a dans sa tête…

Son cousin a dû insister pour que nous dormions chez lui, Prince-Pas-Charmant voulant absolument camper à 10km du village… Son cousin a fini par s’adresser à moi pour avoir gain de cause, en prenant mes bagages et les mettant dans la chambre d’amis…

 

Je me suis endormie avant Prince-Pas-Charmant qui a tourné, encore et encore, ne trouvant pas le sommeil… Au matin, il me dit n’avoir quasiment pas dormi, sans raisons apparentes, me dit-il…

Je me demande silencieusement ce qui a pu le travailler à ce point…

 

Au fil des heures, son comportement devient distant et froid… sans qu’aucuns différents ne nous séparent…

Je suis déboussolée… je m’interroge sur les raisons du mutisme dans lequel il s’installe…

 

Malgré que mÔssieur se complait dans sa bulle, nous allons, comme prévu faire une randonnée.

Initialement, cette randonnée devait durée 2h… Or, une cousine éloignée s’est amusée de notre ignorance des lieux et nous a caché qu’en fait il nous fallait 2h30 pour monter et autant pour redescendre…

Nous avons assez vite deviné que la rando serait beaucoup plus longue qu’annoncée, et perso, je m’en fichait, j’aime bien marcher… mais… j’aime beaucoup moins bien marcher à côté d’un ours muet, dénué de tout geste tendre, qui marche sans se retourner, sans aucuns commentaires sur les alentours…

 

Que faisait on ici ? …. Tout, sauf une rando….

Une rando c’est censée être une agréable découverte des alentours, un partage, une communion avec la nature… tout, sauf aller d’un point A à un point B en gérant les arrêts de façon un tantinet autoritaire…

 

J’ai tenté des rapprochements, me servant du comique de la situation d’avoir perdu notre réserve d’eau, pour sortir de ce pesant silence qu’il imposait…

Et, une fois de plus j’ai été déçue : ho, il n’avait rien contre sortir du silence, mais pour aller direct à quelque chose de plus sexuel, en ne passant surtout pas par la case « tendresse et communication »…

 

Le brouillard s’intensifiait dans mon esprit…

Il avait l’art et la manière de contrôler (pas de façon préméditée, c’est juste une façon naturelle d’être, chez lui…) l’atmosphère qui entourait notre relation…

 

Donc, plongée dans ce brouillard, je tente de démêler mes pensées toutes plus contradictoires les unes que les autres… Et… j’en oubliais les dangers des UV…

 

Lorsqu’en soirée nous prenons le traditionnel verre, je commence à avoir des nausées et vertiges… verdict : coups de soleils profonds et petite insolation…

Prince-Pas-Charmant dégaine sa panoplie de sauveur : et hop, il court à la pharmacie pour me trouver une crème qui soulage ET qui est bio (rapport à mes idéologies -dont il se fout pour les repas-), et hop il m’en met délicatement et deux fois dans la soirée, et hop il s’enquiert de savoir si je vais être bien pour dormir…

 

Bref… de quoi je me plains ? Il est charmant ce prince !.... Et même il joue au psy : "si tu t'es pas mis de crème solaire, c'est parce que tu avais envie que je m'occupe de toi..."


[
Et le voilà encore dominant : impossible à présent d'évoquer son "mutisme" pendant la rando, ou mes paroles ressembleraient à un aveu de desir d'attention...  Décidement il est fort !]

 

Et c’est vrai que j’ai très mal dormi… m’apercevant ainsi que : lui aussi pour la deuxième nuit…

Au réveil, je trouve les mots et le ton qui le mettent en confiance afin de le questionner sur ce qui le tracasse…

 

MÔssieur se sent de trop chez son cousin… !!!

-         Quoi ? Mais il est super content que tu sois là ! c’est un honneur pour lui de nous recevoir, ça crève les yeux !!!

-         … oui… Mais…

-         Mais quoi ?

-         Il y a cinq ans, je suis venu avec les enfants… et, une tante qui n’habite pas ici, a apprit que je dormais chez untel et unetelle… alors, elle m’a appelé pour me dire que j’avais rien à faire ici, que je dérangeais…

-         … tu parles de ta tante qui n’a plus toute sa raison ? celle qui s’est montré autoritaire envers toi et tes sœurs lorsque vous étiez petits, vous jugeant sans respecter vos modes de vie ?

-         Oui…

-         Mais, t’as accordé de l’importance à ses sautes d’humeur et son ennuie qu’elle trompait en se mêlant de ce qui ne la regardait pas ?... mais… en plus ça fait cinq ans de cela ! et  non seulement ton cousin ne semble pas se souvenir de cette d’embrouille, mais plutôt heureux de nous avoir comme invités…

-         Oui, mais je me sens comme un étranger, j’ai toujours peur de ne pas être à ma place…

 

Tout à coup, le vernis pour lequel il se donne tant de mal… brillait beaucoup moins…

Le baroudeur qui soit disant s’adapte à tout nouvel environnement, resterait bloqué pendant cinq ans, sur l’appel d’une tante façon « tatie Danièle » ?…

 

Ça contredisait un peu trop ses discours… quelque chose clochait…

 

Et si c’était tout simplement le fait, qu’ici, il ne brille pas comme il le souhaiterait ? Parce qu’ici, les gens sont simples, attentionnés, prévenant… Intuitifs aussi ?.........

Est-ce qu’il « sentirait » que ses discours habituels n’ont pas de places ici ?

 

C’est vrai qu’à plusieurs reprises, sa mère, ses cousins, ses cousines, lui ont fait remarquer  -ma présence-… non pas qu’ils pensaient qu’il oubliait que j’étais là, mais, ils ont par contre surement vu la différence entre ses discours d’amoureux transit et le fait que par exemple il laisse passer une bonne heure de discussion en espagnol… sans me traduire un seul mot… ou comment isoler une personne sans en avoir l’air…

 

Un soir, alors que nous prenions un verre en compagnie de son cousin et sa femme, et qu’il était partit dans le récit de ses péripéties Guyanaises et ses malheurs d’homme dont l’ex épouse a éloignée de lui ses enfants…

La femme de son cousin, lui fait remarquer que, s’il parle en espagnol toute la soirée, c’est pas très sympa pour moi…

Prince-Pas-Charmant commence alors à me traduire la conversation de son récit, en temps réel…

Et sa cousine -empathique et attentionnée- revient à la charge, en lui demandant de me traduire des questions sur ma vie, dans le but non caché de mieux me connaitre, de me faire participer à la conversation…

J’ai senti un moment de flottement chez Prince-Pas-Charmant… comme s’il était pas très à l’aise qu’on lui fasse remarquer que son attitude était peu courtoise envers moi… celle qu’il dit « aimer »…

 

Il se rattrape donc… et l’alcool a colmaté les brèches de cette singulière soirée…

 

Les situations ahurissantes s’emmagasinent d’elles-mêmes… et j'ignorais que ce n'était qu’un début…

 

La veille de notre départ de Léon, nous avons finalement trouvé un club de canyoning et, réservé également nos billets pour la Sagrada Familia…

 

J’étais enchantée de refaire du canyoning… la dernière fois c’était avec mon compagnon de l’époque et malgré quelques frayeurs, j’en garde un très bon souvenir…

Mais, Prince-Pas-Charmant a des souvenirs encore meilleurs… parce que plus nombreux… le canyoning, il connait et bien (qu’est-ce qu’il ne connait pas d’ailleurs ? Rien ! Ainsi on l’admire d’autant plus….) et, il ne perd pas une occasion de critiquer et faire sentir sa déceptionLe parcours n’est pas assez périlleux à son gout (et vas-y que j’te raconte comment s’était mieux ce que j’ai fais avant), les sauts n’étaient pas fait d’assez haut, le pique-nique était pas assez…, le groupe comportait des enfants ( !), le départ n’était pas à l’heure…

 

Bref, l’art et la manière de pourrir un bon moment…

 

Moi, pauvre bougresse, je n’ai rien trouvé de mieux à faire que je régler la journée sans qu’on fasse le point sur nos dépenses respectives afin que le coût des vacances soit équitable pour chacun…

Je crois qu’il le savait que le coût de cette journée déséquilibrait la balance de l’équité pour la répartition des factures…

 

Il a fait comme si de rien n’était (ou alors il est un peu crétin sur les bords…).

Et moi, j’ai naïvement cru qu’on ferait le point à notre retour…

 

 

 

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03 juin 2015

15 - Manuel d’hypocrisie et de mauvaise foi

Capture

Je n’ai pas détaillé tous les accros en Espagne, car ça serait trop long… Comme lors de notre voyage en République Tchèque, tout ou presque a été fait selon SES critères… d’où les heurts, car je commençais à me rebeller…

 

Début septembre, nous dinons au restaurant… Nous sommes bien. Il m’informe qu’il compte passer un week end à Paris, il hésite pour la date…

En fait, mi-septembre, soit il va à Paris, soit il alterne la garde de son fils…

Autrement dit, lui qui, dès le début a commencé à fêter la date anniversaire de notre rencontre, est en train de m’expliquer que pour nos « un an » il ne sera pas là…

De suite je puise dans ma réserve « d’admettons » en me disant qu’il a pas percuté…

Comment lui dire sans que sa phobie de la communication surgisse ? Doucement, j’émets le souhait que nous nous appliquions à dégager du temps pour notre couple, la relation…

 

P-P-C :  - mais c’est pas s’qu’on fait !!!

Moi    :  - si, bien sûr, mais je veux dire, qu’on garde à l’esprit ; qu’avoir des moments d’intimité pour se retrouver est important…

 

Je ne sais plus comment ça a dérapé, mais ça a encore dérapé…

Le lendemain, j’ai réussi à glisser de façon toute opportune, que j’aimerais que l’on soit ensemble pour nos « un an »… Ouf, il l’a entendu…

Tant mieux car, je lui confectionnais un cadeau avec mes p’tites mains, et ça m’aurait carrément déçue de lui offrir hors contexte…

Bon, lui n’a rien prévu comme "présent" en cette occasion… Tout est normal pour un Prince-Pas-Charmant… Je me garde bien de faire une quelconque remarque, j’ai comme la sensation que je suis attendue au tournant…

 

Il va à Paris le week end suivant. Môssieur l’indépendant, est frustré car, deux RDV qu’il avait sont annulés. Censé rentrer le lundi soir, car il devait aller dans un magasin spécifique le lundi, il m’appel pour me demander si je veux bien venir le chercher à la gare le dimanche soir car… je lui manque trop, il veut me voir…

Bien sûr que j’y vais.

 

En fait, chaque fois qu’il agit comme j’aimerais pouvoir agir (exprimer une envie, un manque…), c’est comme une piqure d’espoir que notre relation va gagner en respect et complicité… pour ensuite me faire reprocher d’attendre trop, de vouloir trop…

 

[Les bases de la déstabilisation mentale…]

 

A présent :  L’Evènement

 

Sur lequel je suis revenue X fois, tellement ça m’a marqué, touché, blessé… et à propos duquel, non seulement il n’a jamais présenté d’excuses spontanées, mais il m’a affirmé que cela pouvait se reproduire… pour ensuite me reprocher d’être quelqu’un qu’on ne peut pas rassurer…

 

Un vendredi : je prends un verre avec un ami de longue date et pas vu depuis un an et demi. L'ami est curieux de connaitre mon « amoureux » propose un diner pour ce faire.... J’en fais pars le soir même au Prince-Pas-Charmant.

 

P-P-C     : - avec plaisir, j’en serais honoré.

Moi        : - le blême c’est que mon ami n’a pas d’autres dispo qu’entre le lundi et le vendredi de la semaine non pas suivante, mais celle d’après, et il m’appellera la semaine prochaine, pour préciser quel jour lui et sa femme seront libre.

P-P-C     : - Nous sommes également invité chez un pote à moi, mais lui n’a pas encore parlé de dates… alors, tu vois avec ton ami pour le jour, et moi, je ferais en fonction…

 

Hmm, tout en délicatesse… Je savoure cette fenêtre d’attention chargée d'amour.

 

Le lendemain nous nous rendons à Paris pour l’anniversaire de son père. Réunions de famille chaleureuse et agréable. Mon train est prévu deux jours après, nous en profitons pour voir une expo. Il fait beau, nous profitons de ces trois jours de vacances, il est tendre, amoureux, me le dit, je le vois, je lui rend, nous sommes bien.

La veille de mon départ il reçoit un coup de fil d’une amie, qui l’informe que, passant dans sa région, elle s’arrêterait bien 3-4 jours chez lui la semaine prochaine.

 

P-P-C : - Unetelle vient passer 3-4 jours chez moi la semaine prochaine.

Moi    : - Ah…

 

Je me dis que, soit il l’a prévenu qu’un soir de cette même semaine il serait absent… Soit… il va me dire, là « hmm, chérie, comment fait-on pour le diner prévu ? Car Unetelle vient sur cette période… »

Rien. Pas un mot.

 

 

[Mais qu'est-ce que tu te prends la tête ma fille !!! Il t'aime, il te le dit suffisement, et, juste avant le week-end, il a déclaré "tu vois avec ton ami pour le jour, et moi, je ferais en fonction…"... alors ! Fais confiance un peu ! Rhaaa, les filles alors, toujours à croire que leur mec va se montrer goujat...]

 

 

Je rentre en train. Et les deux jours suivant, nous nous appelons comme d’hab. et, hormis les « je t’aime », « tu me manques », nous échangeons des banalités (comme d’hab.)

 

Jeudi 18h : mon ami appelle pour m’informer que leur disponibilité à lui et sa femme est : le mardi.

J’appelle le Prince-Pas-Charmant direct. Il est dans le métro, la communication passe très mal, il entend ce que je dis, bégaye un peu… et finit par me dire qu’il me rappelle en sortant du métro.

 

23h : pas plus d’appel que de beurre dans l’placard…

Je lui envoie un sms : « tu voulais pas me rappeler en sortant du métro ? »

Il m’appel aussitôt. Il bafouille un peu…

 

 

P-P-C  : - ça tombe mal pour le diner, y’a mon amie qui arrive le lundi soir ou le mardi matin, je vais pas la planter dès son arrivée… On pourrait pas reporter le diner ?

Moi     : - je te l’ai dit, il n’est pas dispo avant les vacances de Noël

P-P-C  : - et si on faisait le diner chez moi ?

Moi     : - hmm… non, je refuse de mettre mon ami dans l’embarras de devoir refuser : il n’a pas le permis et sa femme n’aime pas conduire la nuit. De plus ils sont très stricte sur l’heure de couché des enfants… (1h15 de route entre les deux domiciles…)

 

Nous clôturons la conversation gênés…

Le lendemain matin il m’appelle. Me demande si je suis « fâchée »… « Non, déçue »…  Il encaisse, mais ne développe pas. Je lui demande pourquoi, la veille il ne m’a pas rappelé comme il en avait l’intention, en sortant du métro…

"En sortant du métro, je devais aller dans un magasin qui allait fermer… après il fallait que j’aille prendre un pot avec une amie… après il fallait que je dine avec mes parents…"

 

[Craquera, craquera pas… explosera-t-elle, ou encaissera-t-elle ? qu’il est rigolo ce jeu…]

 

Pour la p’tite info : je n’ai ni craqué, ni explosé, j’ai juste pris une triple dose « d’admettons »…

Lorsqu’il rentre de Paris, il dort chez moi… Les couches de pommade qu’il me passe ne remplacent pas un dialogue… qui n’a évidemment pas lieu…

 

La demoiselle Unetelle est prévue d’arrivée le mardi dans la matinée…

Mardi midi, je reçois un coup de fil de mon fils qui est à l’étranger depuis 15 jours. Il est dans ce qu’on peut nommer : le trou du cul du monde…

Avec une voix tout droit sortie d’outre-tombe il m’informe que ça fait trois jours qu’il a une très forte fièvre… La conversation est courte, il est faible…

Je sais que dans le village où il se trouve, il n’y a ni hôpitaux, ni médecin…

 

Bon… heu… d’abord je flippe… ensuite, j’angoisse… ensuite, je panique… Mon premier réflexe est d’appeler le Prince-Pas-Charmant… une voix, une phrase, des mots, n’importe quoi, du moment que ça a un gout de réconfort… Hmm, je me reprends : si j’appelle alors que la demoiselle Unetelle arrive, je vais me faire (une fois de plus) cataloguer de jalouse qui cherche un prétexte pour s'imisser… J’envoie un sms… il me répond par sms que mon fils devrait aller voir un médecin.

Il m’appelle un peu plus tard.

 

P-P-C : - alors, qu’est-ce qu’il a ton fils ?

Moi    : - je ne sais pas, il m’a juste dit qu’il avait beaucoup de fièvre depuis trois jours… je le sentais vraiment pas bien… je suis inquiète…

P-P-C  : - t’inquiète pas, une fièvre, c’est courant dans ce genre de pays…

Moi     : - (je pleure)… hmm, mais je suis inquiète…

P-P-C  : - ce soir j’emmène Unetelle et ses filles visiter la ville, vient avec nous…

Moi     : - j’en ai pas vraiment envie…

P-P-C  : - vient nous rejoindre au restaurant, on y rejoint d’autres amis…

Moi     : - (en pleure) Prince-Pas-Charmant, t’as pas bien compris… je me sens pas bien là…

P-P-C  : - justement, sors, change toi les idées…

Moi     : - Nan, heu… Prince-Pas-Charmant… je vais mal… la dernière chose que j’ai envie de faire c’est d’être resto avec des inconnus…

P-P-C   : -mais si, ça te fera du bien…

Moi      : -Prince-Pas-Charmant… je vais pas bien… je vais mal, vraiment…

 

Ensuite, il a l’air de comprendre que je suis pas juste vaguement inquiète… mais que je flippe carrément… il me dit des mots rassurants, il m’assure de son amour, il me dit qu’il est là, qu’il souhaiterait pouvoir me prendre dans ses bras…

Ses mots et ses attentions me font du bien. J’arrive à positiver un moment…

 

[À savoir que mon fils n’a pas vraiment de protection vaccinale, j’en avais informé le Prince-Pas-Charmant avant le départ de mon fils…... si tant est qu'il y a besoin de "justifier" une inquiètude de mère...]

 

Mon inquiétude est revenue au galop pour ne plus me lâcher de la soirée… Comme au moment du coup de fil de mon fils, j’ai envie, besoin de réconfort… Je passe la soirée avec mon téléphone dans les mains… espérant un mot, un signe du Prince-Pas-Charmant…

Rien.

L'empathie... Une des valeurs qu'il clame à tout va, mais dont il ignore totalement le sens... C'est quelque chose de récurent chez lui : emagasiner des connaissances sans en comprendre la teneur...

Cette petite vidéo lui serait fort utile... Si tant est qu'il sortirait de la "projection* "...

 

 

* [Processus inconscient qui intervient lorsque l’individu n’admet pas avoir tel trait de caractère (ou telle émotion) parce que celui-ci est inacceptable pour lui, il le projette donc sur autrui.]

 

Le lendemain matin. Il m’appelle.

 

P-P-C   : - tu as passé une bonne soirée mon cœur ? Tu es moins inquiète ?

Moi      : - non, je m’inquiète encore… et j’ai espéré hier soir, recevoir un sms, un coup de fil de ta part…

P-P-C   : - ah, oui, j’y ai pensé tout l’après-midi… et ensuite, je t’ai zappé…

 

Entre la tension de la semaine précédente, l’inquiétude de la veille et le manque de sommeil… la discussion est vite partie en vrille… et j’ai même lâché un « tu t’fou d’ma gueule ?! »

 

[Par la suite, c’est juste ce dont il se souviendra, allant même jusqu’à me reprocher de l’avoir accueilli par téléphone avec ce « tu t’fou d’ma gueule ?! ».......... mais en fait... et quand bien même ?....]

 

La discussion ultra tendu s’arrête en queue de poisson, et je ne sais pas s’il va exécuter l'intention dont il m'a fait part, de venir me voir ce même après midi…

Il me rappelle en début d’après-midi. Nous faisons tous les deux un effort pour apaiser l’atmosphère. Je me risque quand même à lui demander :

 

Moi     : -tu viens ?

P-P-C  : -non, il est trop tard, Unetelle est partie à la plage avec ses filles, et rejoindre une amie…

Moi     : -elle est partie quand ?

P-P-C   : -il y a 20mn

Moi      : -il lui faut 3/4h pour y aller, autant pour revenir, et elles vont « profiter » de la plage plus d’une heure… ce qui nous permet de nous voir cet après’m…

P-P-C   : -ok… alors j’arrive…

 

Lorsqu’il est arrivé, il m’a pris dans ses bras, nous avons pleuré… il m’a entouré de tendresse, de mots d’amour… Il me demande de venir chez lui le soir pour diner avec son amie et l’amie de celle-ci… Je décline, je me sens trop sens dessus dessous… mais je lui assure que je serais là le lendemain soir.

 

Son téléphone sonne. C’est la demoiselle Unetelle. Chez moi, je suis seule et aucune musique n’est allumée, j’entends donc la conversation, même sans haut-parleur. La demoiselle est loin d’être conne, elle a parfaitement compris qu’il y avait une tension entre nous. En plus d’être "pas bête", elle fait preuve d’empathie et d’intelligence émotionnelle. Elle lui dit qu’elle est revenue chez lui, qu’elle va se débrouiller, qu’il n’y a pas de soucis, elle lui demande de prendre tout le temps dont il a besoin, voir, de rester dormir chez moi… et qu’ils se verront le lendemain.

Le Prince-Pas-Charmant ne sachant pas que j’entendais la conversation… lui répond… « ça va aller, à tout à l’heure… »........Et il s’en va une heure plus tard…

 

Et moi, je ne sais pas -encore- que cet épisode marquait définitivement la fin d’un quelconque possible entre nous.

 

Depuis juillet le rythme de mon travail a baissé… mais à partir de cet épisode il dégringole carrément…

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04 juin 2015

16 - "Dis-moi que ce n'est pas de ma faute"

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Si l’épisode de :

« j’ai le droit de te zapper pour aller au resto, même si ça tombe un jour ou t’es mal… et ne vient pas me le reprocher, parce que ça serait une atteinte à ma liberté… »

…  avait été isolé…… il ne marquait en rien la fin définitive d’un « possible » entre nous…

En effet, lorsque le commun des mortels est « pris » dans ce genre d’évènements et surtout qu’il en est le responsable…

Premièrement : il rame pour récupérer la confiance de sa compagne, deuxièmement : il fait ce qu’il faut pour ne pas en rajouter une couche…

Le Prince-Pas-Charmant, n’a que faire de mes états d’âme… ce qui l’importe c’est SON nombril et le confort de pouvoir l’admirer (et surtout d'être admiré).

Cet événement m’a mis une grosse claque dans la gueule… Un peu sonnée et tentant de retrouver mon équilibre, mes esprits… comprendre… j’ai alors reçu une autre grosse claque…

 

 

[En fait, à partir de là, les « claques » sont régulières… j’ai l’impression d’avoir été rouée de coup entre juillet 2014 et mai 2015]

 

 

Prenons 5mn pour observer le profil des :                                           « Prince-Pas-Charmant  sentimental moyen » 

(parce qu’il y a plusieurs catégorie dans le profil du Prince-Pas-Charmant »…)

 

 

Le Prince-Pas-Charmant « moyen » ne veut jamais être associé à un acte direct, volontaire, dont il serait perçu comme l'auteur et qui a blessé sa compagne. En effet il n'y a aucun mécanisme manipulateur, aucune voie détournée ni aucune autre forme d'analyse pour la compagne que « il m'a blessée ».

Le Prince-Pas-Charmant n'acceptera jamais d'être perçu directement comme un individu mauvais, nocif et c'est dans l'optique d'être rassuré sur son image qu'il devient attentionné. Malheureusement, ce type d'action bénéficie même si cela n'est pas le but immédiat de cette manœuvre, à ancrer encore plus profondément sa compagne dans une spirale d'illusions sentimentale.

Souvent la femme pense que si la personne est aussi attentionnée après l'avoir blessé, c'est qu'il l'aime. Comment pourrait-il être un monstre alors qu'il vient de se montrer si attentif et généreux ? La martyr est pourtant consciente du malaise intense qu'il existe dans la relation, pourtant la recherche du bon côté prédomine sur la globalité du Prince-Pas-Charmant.

Cependant, l'inquiétude du Prince-Pas-Charmant montrée sur l'instant est réelle. Il  ne va pas chercher à simuler se sentiment d'inquiétude puisqu'il est réel. Néanmoins il s'agit d'un sentiment anormal ! En effet, il n'est pas lié au traumatisme de faire souffrir autrui mais à leur propre blessure narcissique. Le Prince-Pas-Charmant a besoin d'être rassuré en entendant sa compagne lui indiquer qu'il n'est pas l'auteur du mal.

Certains sentiments du Prince-Pas-Charmant ne sont pas simulés. L'absence d’ambiguïté sur une partie de leur comportement et la perception directe par sa compagne d'une manœuvre destinée à la blesser sera une véritable source de souffrance pour le Prince-Pas-Charmant. Il ne faut donc pas confondre angoisse égocentrique du Prince-Pas-Charmant à une forme d'intérêt concernant sa compagne !

 

Quand je lis cela, j’en ai des sueurs froides dans le dos !!!

Durant les 7 mois qui ont suivis, toutes les fois où nous sommes revenus sur cet épisode (enfin ou JE suis revenue, car lui fuit à toutes jambes la responsabilité de ses actes) il n’a cessé de répéter en boucle les mêmes justifications : « je n’y pouvais rien, ton inquiétude ne m’appartenait pas, je n’avais pas de prise sur ton inquiétude, ton inquiétude était irrationnelle, j’étais pris par d’autres événements, je recevais une amie » ect, ect, ect…

Bref, c’est pas moi, c’est pas d’ma faute !

Et c’est cela qui détruit… avoir en face de soi, un homme soi-disant cultivé, ouvert, tolérant, à l’écoute, curieux…  qui se comporte comme un ado…

Je suis définitivement trop naïve… je n’arrive pas à croire cela possible…

Le lendemain soir je suis allée diner chez lui, avec son amie, les filles de son amie, une autre amie et la fille de celle-ci.

Comme fin juillet, j’ai eu énormément de mal à être naturelle…

Les quatre semaines qui ont suivis ont baignées dans une atmosphère hypocrite… j’ai somatisé par un rhume, mal de dos, insomnie…

Il n’a évidemment jamais pris la peine de me demander de lui accorder mon pardon… ou de présenter des excuses spontanées… (il en a présenté... quelques "chui désolé"... "j'm'excuse"... laché au cour d'un heurt... après que pour la énième fois, je rabache que son attitude à été, est, blessante...)

Tant et si bien que quatre semaines après, le boomerang nous revient en pleine figure... évidement... faudrait vraiment etre con, pour espérer le contraire...

 

[Ah, bha, ça tombe bien, nous le sommes !]

 

Môssieur ne supporte pas que le sujet revienne sur la table… il se barre à 3h du mat

Déboussolé, nous le sommes tous les deux… nous nous écrivons par mail, il me confit qu’il alterne des phases d'hébétude avec des vagues d'émotions qui le submergent…

 

Par mail :

Moi   : que fait-on maintenant ?

Lui    : on recolle les morceaux ?

Moi   : recoller des morceaux qui, lorsqu'ils étaient soudés nous ont menés là... je ne sais pas si c'est une bonne idée...

Lui    : en parler, analyser, sans se sentir mis en accusation. Comprendre ce qui dans nos modes de communication nous mène à l'impasse, afin de ne pas retomber dans le piège. Bonne ou mauvaise: c'est une idée...

 

Nous finissons par téléphone… Je propose d’aller voir un conseiller conjugal… il est d’accord… (Il me dira par la suite, qu’il a « sauté sur l’occasion », qu’il trouvait que c’était LA solution)

 

Il est convenu que je cherche quelques noms, que je lui en fasse part, qu’on en choisisse un…

Le lendemain matin je lui envois ce que j’ai trouvé… on tombe d’accord… il se charge de prendre rdv… il me rappelle ensuite pour m’informer que nous avons RDV la semaine suivante…

 

Le soir, je reçois une amie. Elle souhaite sortir au festival « BarBar »… Je me laisse convaincre, sans enthousiasme… ce festival a été l’année dernière témoins de notre exquise idylle…

 

Un bar... musique moyenne, ambiance bof… Mon amie m'entraîne ailleurs… dans le second bar, le concert vient de se finir… on prend un verre… on cherche sur le programme ou l’on pourrait trouver de la musique sympa… et alors que je cherche de quoi régler… Je vois le Prince-Pas-Charmant en compagnie d’une jeunette d’à peine trente ans…

Il a un instant de surprise, puis vient vers moi m’embrasser, nous inviter à prendre un verre avec eux…

 

[Précision : il habite à 60 km d’ici… et, lorsque « tout va bien entre nous »,  il préfère ne pas dormir chez moi lorsqu’il bosse le lendemain, ni même ne passe la soirée… Parce que ça fait trop loin…, il justifira que c'est une collègue, et que dans sa ville, le festival Bar-Bar était nul...]

 

Je décline l’invitation de rester avec eux… et mon amie et moi sortons...

 

Une fois hors du bar, je recois un coup de fil de lui… il souhaite nous rejoindre ailleurs… j’accepte… et l’on se retrouve tous les quatre…

La jeune demoiselle qui l’accompagne va fumer avec mon amie… et nous nous retrouvons face à face… il tente quelque geste tendre… mais évidemment pas un mot…

 

Moi   : et ben… quand je pense que la semaine passée tu m’as reproché de ne pas avoir nommé le copain avec qui j’ai été au ciné, par son prénom…

Lui    : c’est pas pareil, tu m’en parlais… là je t’ai rien dit…

Moi   : ah, bon… l’important c’est de rien dire… si on dit rien, on peut faire s’qu’on veut ?

Lui    : ………….

 

La jeune demoiselle et mon amie reviennent.

L’ambiance est ultra tendu…

Mon amie a son train à prendre, je l’accompagne. A la gare, je craque… trop lourd, trop d’égocentrisme, trop de goujaterie…

 

Après que mon amie soit partie, un regain d’amour me submerge… j’appelle le Prince-Pas-Charmant… répondeur… je lui dis qu’avant de rentrer, je serais bien repassée devant le bar… juste pour lui dire bonsoir… l’embrasser…

 

 

 

[Elle en veut la fille !!! C'est plus des oeilleurs qu'elle a, c'est une cagoule !]

 

 

Lorsque j’arrive chez moi, il me rappelle, il n’avait pas entendu la sonnerie, il souhaite m’embrasser également… je lui dis que c’est trop tard, je suis rentrée…

 

Je m’écroule sur mon lit… hébétée…

 

Mais jusqu’où vais-je aller pour comprendre que ce mec ne m’aime pas !!!!!!

 

Ce qu'il aime, c'est la liberté de ne jamais se remettre en question... Mais putain, ma pauv' fille, ouvre les yeux, bordel de merde !!!!

 

 

 

 

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05 juin 2015

17 - L'étau se resserre

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Depuis que la « tendance est inversée » les heurts et goujateries (dont chaque nouveau pic me blessera plus que le précédent) alterneront avec des « cadeaux » tel quel mots d’amour passionnés, ciné-resto-concert… enveloppement de tendresse… ect, ect, ect…

 

En fait les extrêmes sont de plus en plus éloignés…

 

Ainsi, après l’été hallucinant que nous avons passé et témoin de l’absence total de vrais dialogues… Début septembre il me déclarait : « Et si je demandais ma mutation ? » les yeux brillant d’amour…

 

Le fonctionnement qui est en train de se mettre en place à l’époque est :

 

Une claque, un cadeau  -  Une claque, un cadeau                                                   Une claque, un cadeau….

 

Après la claque  de « j’ai le droit de te zapper pour aller au resto, même si ça tombe un jour ou t’es mal… et ne vient pas me le reprocher, parce que ça serait une atteinte à ma liberté… »

 

Je recevais deux cadeaux :

-        passer prendre le café chez mon père (le jour de son anniversaire) achetant au préalable deux bouteilles d’un très bon champagne.

-        aller voir un ami  à moi (celui dont le diner avait été annulé pour recevoir son amie 3-4 jours)

 

Après la claque de son départ à 3h du mat… Je recevais le cadeau, d’aller voir un conseiller conjugal, car "notre relation est très importante"…

 

Après la claque de le trouver à 60km de chez lui avec une jeune et jolie collègue… Je recevais le cadeau de déclarations enflammées, roses rouges, resto…

 

Notre 1er RDV chez le conseiller conjugal…

Humm, ça commence moyen je trouve… le conseiller parle de lui, de sa vie perso… et fait copain/copain avec le Prince-Pas-Charmant… je trouve ça pas très pro…   Mais bon, si l’objet de notre consult est atteint, le reste…..

 

Le conseiller nous demande de nous présenter, nous et succinctement notre parcours… à tour de rôle.

Nous nous exécutons. Le Prince-Pas-Charmant commence, et j’enchaine.

A peine avais-je ais-je prononcé le dernier mot de mon histoire, que le conseiller déclare « que je traine un boulet »… que je n’ai pas fait le deuil du père de mes enfants (décédé il y a 15 ans) et qu’il me faut faire un travail sur moi pour que la relation ne soit pas polluée par cette blessure non cicatrisée…

 

J’en reste bouche B… et je n’ai même pas la possibilité de lui dire qu’un travail sur moi… je l’ai déjà fait, et même plus qu’un…

Le Prince-Pas-Charmant jubile : c’est à cause de moi. Le « problème », vient de moi…

 

L’échange continu et nous parlons de couple, de relation… tout ça reste flou… mais, mis à part l’interprétation ultra rapide du conseiller, l’ensemble de la consult semble offrir une opportunité à trouver des solutions…

 

Nous décidons de revenir la semaine suivante.

Là, c’est le Prince-Pas-Charmant qui en prend pour son grade : le conseiller se moque ouvertement de lui…

Nous décidons de ne pas revenir.

 

Nous en sommes donc au même point qu’avant… et, évidemment, cette situation conflictuelle non réglée, continue de prendre de l’ampleur et provoque un nouveau clash…

 

Et de nouveau il m'envoit ses justifications : «je n’y pouvais rien, ton inquiétude ne m’appartenait pas, je n’avais pas de prise sur ton inquiétude, ton inquiétude était irrationnelle, j’étais pris par d’autres événements » il me rajoute : « tu es exclusive, tu en veux trop, tu es fusionnelle, malgré tout ce que je fais, tu n’es jamais rassurée… »                                           [Claque]

Ce clash se déroule sur le même mode que les autres : reproches, tendresse, incompréhensions, mots d'amour... ce jour-là, il va même jusqu’à me reprocher de ne pas partager avec lui mes soucis financier, et qu’il s’inquiète pour moi… alors, je lui en fais part…

Le « cadeau » tombe direct :

-        j’ai une solution : vivre ensemble. (chez moi)

 

Malgré que je reçoive ce cadeau avec bonheur, je tempère quand même son élan.

-        Euh… on ne décide pas de vivre avec quelqu’un pour régler une situation financière.

 

Il abdique… et nous décidons qu’il donnera son préavis fin mars, pour vivre ensemble chez moi fin juin et qu’il fera sa demande mutation début mars.                                                [Cadeau]

 

Un samedi soir, un diner chez ses collègues. Ces derniers parlent de la jeune et jolie collègue avec laquelle j’ai croisé le Prince-Pas-Charmant dans un bar…

Ils expliquent comment cette fille « est chaude »… du genre « rentre dedans »… la drague, elle y va pas avec le dos de la cuillère, c’est du direct…

Le Prince-Pas-Charmant ne sait plus où se mettre… Il n'a jamais autant regardé ses chaussures...                                                                                                                             [Claque]

 

La boule à laquelle je m’étais plus ou moins habituée, prends de l’ampleur… et la tension qu’elle provoque m’amène à provoquer une discussion…

Le Clash qui s’en suit est tellement intense qu’un « break » fut décidé… enfin décidé… c’est un bien grand mot… lâché dans la tension, presque une menace… sans explications, sans se dire ce que l’on en attend…

 

Sur la route de chez moi, la tristesse me submerge. Je l’appelle.

 

Moi   : heu… j’ai bien compris le terme de break, pause ?

Lui    : oui, c’est mieux, on n’arrive pas à s’entendre.

Moi   : c’est vrai… mais il aurait été bien qu’on y mette les formes… qu’on décide de combien de temps nous avons besoin pour faire le point…       

Lui    : non, un break, c’est sans limite de temps, la relation est rompu jusqu’à ce qu’on la reprenne, pendant cet intermède nous sommes libre.

Moi   : ……….

Le break a duré deux jours. A la suite desquels je viens chez lui… Durant la soirée il m’apprend qu’il prépare un cadeau pour l’anniversaire d’une amie qui a lieu dans trois jours.

Cette amie, je la connais, je l’ai invité pour les cinquante ans du Prince-Pas-Charmant, et j’ai même très bien accroché.

 

Au début du mois, le Prince-Pas-Charmant m’a fait part de l’invitation de cette amie à la fête qu’elle donnait pour son anniversaire (sur Paris), et pour cause : nous y étions invité tous les deux, mais durant les trois semaines qui ont suivi, môssieur ne savait pas s’il allait s’y rendre… donc impossible pour moi de prendre un billet de train (pour faire l'aller retour et etre là pour le réveillon de Noël)…

 

Donc, après notre « break », il m’apprend de façon détourné qu’il compte aller à l’anniv de cette amie… mais évidemment sans me convier à l’accompagner…

Lorsque je m’en vais le lendemain, il me dit « bonne soirée, bon week-end, joyeuses fêtes… »                                                                                     

Je fais la route du retour en pleurant…

 

[Re claque et pas de « cadeau » entre celle d’ avant et celle-ci… non, mais, y faudrait pas qu’elle s’habitue non plus…]

 

Son réveillon de Noël en famille est moyen, il s’ennuie. En rentrant, il vient directement chez moi… je lui manque trop…  on passe une semaine entière ensemble...jusqu’au réveillon…

La soirée du réveillon est exquise… on la passe tous les deux en ville… simple mais délicieux…

 

[Un cadeau]

 

Ensuite, j’ai droit à une trêve d’un mois et demi… durant lequel tout est cadeau… de quoi me redonner espoir, de quoi bien endormir mes doutes et planquer ma « boule » tout au fond, bien profond… genre « elle n’est pas là »…

 

La délivrance approche… la fin est pour, dans 5 mois et demi…. Mais à ce jour, je suis à 10000 lieux de m’en douter…

 

 

 

 

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06 juin 2015

18 - Consolider la Soumission

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Comment peut-on rester aussi aveugle à tant de goujaterie ?

C’est très simple : lavage de cerveau.

 

Son attitude n’est ni plus ni moins, l’équivalent d’un lavage de cerveau, l’outil principal etant le « chaud et froid »…

Dans l’exposé que je fais de cette histoire, je m’arrête sur les faits qui ont été le plus marquant en termes de blessures… mais il faut bien comprendre que le tout était parfaitement enveloppé dans un emballage de mots d’amour, gestes tendres et autre attitudes « d’un amoureux transit »…

 

Il semblait avoir appris le rôle de l’amoureux et, il l’appliquait soigneusement.

-        Appeler l’autre « ma chérie », « mon cœur », « mon amour » (il ne m’appelait jamais par mon prénom…)

-        Embrasser dès qu’il y a un rapprochement,

-        Proposer un thé, café, ou autre à l’arrivée de l’autre,

-        Payer les consommations dans les cafés,

-        Aller au cinéma ou resto au moins deux fois par mois,

-        Dire à l’autre qu’elle est belle le plus souvent possible,

-        Sortir l’autre (pour être « accompagné » et aussi « vu »),

-        Ect.. ect… (ce sont les « grandes lignes », mais concrètement c’était encore plus subtil…)

 

Par là-dessus, vous rajoutez des trucs du genre « je n’ai jamais ressenti ça auparavant », « tu me rends profondément heureux », « j’aimerais que ça dure toujours », « j’ai peur que tu ne m’aimes plus »… et les goujateries deviennent des incompréhensions dont on finit par se culpabiliser de douter…

Voilà, il doit penser qu'une fois qu'il y a tous ces ingrédients... pas besoin de rajouter quoi que ce soit... et surtout pas les mots... les mots sont des prises de têtes de gonzesses...

Tant que je me « taisais »… j’avais droit à toutes les « recettes » du rôle de l’amoureux… Tant que je restais à ma place de « soit belle et tais toi », dès que nous étions ensemble il « m’adorait »…

Pendant cette trêve d'un mois et demi, nos semaines étaient donc faites de concerts, déclarations d’amour, spectacles, diner, tendresse infinie, cinéma, apéro, retrouvailles amoureuses… j’ai même eu droit à une rando pédestre (1ere en 18 mois) aux alentours de chez moi (mais durant laquelle il est resté 20mn au téléphone, môssieur qui mets un point d’honneur à ne pas téléphoner lorsqu’il est en compagnie…)…

Durant cette idyllique période de trêve, il y avait quand même un gros bémol : jamais nous n’avons abordé le « comment s’organise-t-on pour notre vie commune prévu dans moins de cinq mois ? ». J’ai tenté des approches, des suggestions… mais jamais il n’embrayait… vaguement il répondait « oui, on pourrait faire tel truc, oui, faut voir… »

Un jour, (comme l’année dernière) il déniche des prix très intéressants pour six jours à Marrakech… Et hop, on saute sur l’occasion… et hop, nous nageons dans une rivière de dopamine…

 

Marrakech… hmm…

Comment dire… à l’identique de Prague l’année passée, il refuse de faire autrement que comme il en a l’habitude : j’avais le numéro de téléphone d’un guide pas cher et très compétent, qui pouvait nous faire découvrir des trucs hors touristes extraordinaires sur une durée d’un jour et demi… ça nous laissait largement le temps de nous consacrer au « vieux Marrakech » le reste du séjour…

 

Mais il n’aime pas les guides…nous avons donc passé les six jours dans le vieux Marrakech…

 

Pour autant, j’ai adoré être dans un décor étranger, nouveau, inconnu… avec lui… de découvrir des beautés historiques, d’être éblouie, et de partager cela avec lui…j’avais le sentiment de « créer » quelque chose de nouveau entre nous, d’entretenir, d’alimenter une complicité…

 

A deux trois reprises, lors d'un banale discussion (comme le jour où je l’ai présenté à ma famille et le soir de mon anniversaire ainsi qu’a deux-trois diner), il est partit dans des explications, sortit du sujet de conversation… et ça… et bien, je supporte de moins en moins… c’est plus que gavant de ne pouvoir discuter, échanger avec respect… aussi, je le dis, je me « rebelle »… et ça clash ! Oh, pas un clash comme ceux connus et qui ont finit par un départ à 3h du mat… mais, ce jour-là (jour de notre départ de Marrakech), l'atmosphère était tendue…

 

En fait, j’étais si sonnée, qu’arrivés à l’aéroport, je n’avais pas encore réussi à prendre mon déguisement de « on fait comme si de rien n’était »…

Sonnée et triste… mais avec une pointe d’agacement qui par moment ressemblait à s’y méprendre à de la colère...

A tel point que lors de notre attente à l’aéroport, je lui ai dit qu’au début de notre relation, j’avais eu un sentiment d’infériorité face à sa culture… et que je me rendais compte à quel point j’avais tort, parce que sur le plan de l’intelligence relationnelle et émotionnelle, je me sentais carrément supérieur à lui…

Et j’en rajoutais une couche sur le fait, qu’on apprend à tout âge, et que lui qui se vante d’avoir une soif insatiable d’apprendre tout le temps, il ferait bien de chercher à combler ses lacunes dans ce domaine…

 

Vexé le môssieur ? bien sûr !

Je me demande si quelqu’un d’autre que moi, a osé auparavant lui parler de la sorte… Ceci étant, au vu de son « ouverture, tolérance, écoute, ect… » il aurait pu sauter sur l’occasion pour ouvrir un dialogue… non… il s’est refermé plus surement qu’un bigorneau…

 

Bon, j’en m’en suis mordu les doigts… je voyais notre voyage amoureux finir en queue de poisson…

Tout ça parce que j’avais « Osé » exprimer ce que je pensais !

 

[Oh la vilaine ! Méchante ! Puisque c’est comme ça : pas de tendresse, mots d’amour, baisers ou autre, jusqu’à nouvel ordre !]

 

Même le gars de l’aéroport chargé de faire les annonces, s’en est pris pour son grade : alors qu’il annonce que l’avion a 3/4h de retard, le Prince-Pas-Charmant va se plaindre que ce retard allait nous faire louper le dernier RER…

Le pauv’ mec ! Il a tenté de dire, qu’il n’y pouvait rien… Le Prince-Pas-Charmant en a remis une couche…

J’ai eu trop honte, j’ai été m’excuser auprès de l’employé…

 

[Lorsqu’un évènement, une discussion, reportage, article ou autres, m’amène à repenser à Prague, Marrakech, Barcelone, ou même aux autre destinations que nous avions envie de découvrir ensemble… j’ai un amer sentiment de gâchis qui m’envahit… je me rend compte que la superficialité dominait largement… que la profondeur était totalement absente de nos échanges… alors que nous avions la chance incroyable de pouvoir vivre des moments « vrais »… si je retourne aux mêmes endroits, je mettrais un point d’honneur à réécrire le scénario, afin que ces magnifiques villes ressemblent à des souvenirs dignes de ce nom…]

 

Le lendemain à Paris. Soirée Jazz-Manouch de prévue dans un resto avec des membres de sa famille et des amis à eux…

Durant le diner, il me prend la main, et me disant à quel point il m’aime… : laisse couler quelques larmes…L’émotion me bouleverse…

La soirée a été gaie, joyeuse, riche en amitié, échanges humains, rires, chansons…

C’était le soir de la St Valentin, et cette soirée a été un superbe cadeau…

 

Le lendemain soir, chez ses parents, alors que nous sommes au lit :

 

Lui    : je t’aime ma chérie

Moi   : je t’aime aussi mon amour

Lui    : j’aimerais te rendre heureuse

Moi   : c’est aussi mon désir… qu’est-ce que je t’apporte ?

Lui    : tu m’apporte beaucoup, tu me pousses en dehors de mes retranchements, tu me fais grandir, je me sens quelqu’un de mieux à tes côtés, j’aime être avec toi, je t’aime.

Moi   : parfois, j’ai peur que le décalage culturel, par rapport à tout ce que tu connais en arts, te semble trop important…

Lui    : visiter une expo avec toi est un vrai plaisir, tu t’intéresses à tout, j’aime pouvoir t’expliquer, te faire découvrir… j’aime ta curiosité, j’aime ta soif d’apprendre, je t’aime, j’ai envie de vivre avec toi, j’ai envie que ça dure toujours… je suis profondément heureux avec toi…

 

Bon, on peut dire que ça, c’était un bon gros [cadeau]

 

Le temps est donc venu pour une petite [claque]

 

Le départ de Paris est prévu à 14h. J’ai émis le souhait de faire une halte pour voir deux de mes enfants. C’est à deux heures de Paris, cela nous fait donc arriver à 16h.

Sauf que… le départ n’en finit pas… et c’est à 17h passé que nous arrivons… trop tard pour visiter le lieu de travail ou j’avais tant envie de les voir évoluer…

Nous avons quand même été prendre un thé chez eux… mais, du coup, le Prince-Pas-Charmant à fait attention à ne pas déborder sur l’heure… car son fils nous attendait pour diner…

 

La boule est remontée jusque dans ma gorge, j’avais du mal à parler… mon lien maternel en a pris un coup… c’était douloureux…

 

Le lendemain, il s’est excusé, m’a proposé d’y retourner le jour même (encore un truc irréalisable : 2h30 de route aller et idem au retour, sur une journée !...)

 

Il s’est rendu compte  -je pense-  de la difficulté que j’allais avoir à « avaler » cet épisode… et pendant les quatre semaines qui suivent, j’ai droit à une nouvelle trêve faite de concerts, déclarations d’amour, spectacles, diners, tendresse infinie, cinéma, apéro, retrouvailles amoureuses…

 

Nous sommes à quatre mois d’aménager ensemble… toujours aucunes discussions sur le « comment nous organisons-nous ? »…

 

Nous sommes également à trois mois de la fin… à trois mois de ma « délivrance »…

 

 

 

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07 juin 2015

19 - Au bord du gouffre

Claire Diterzi - Le roi des forêts

On m'a fait découvrir cette artiste et ce morceau au début de l'année... ça a résonné en moi de mille tintements... chaque fois que je l'écoutais, il me semblait que quelque chose voulait sortir de moi... comme une voix sourde qui tentait de me crier, m'avertir, me prévenir...

 

 

A partir de maintenant, les [cadeaux] sont largement minoritaires aux [claques]… juste de quoi me maintenir en haleine… à peine de quoi respirer…

 

Les [claques] sont trop rapprochées pour que je puisse prendre du recul… je tente juste me tapir dans un coin en me protégeant des coups…

 

Un après-midi où la dernière [claque] était suffisamment lointaine pour laisser mon esprit blessé croire, qu’elle et toutes les autres étaient « accidentelles »… Je m’occupe à lui faire un site pour promouvoir ses « talents » de plasticien…

Toute contente de moi, je lui envois le lien de l’ébauche du site…

Et je l’appel pour le lui dire…

 

Ce jour-là il fait un temps magnifique, et je m’enquière de savoir s’il a réussi à avancer dans son travail, car, en roi de la procrastination, il a des dossiers de travail en retard de presque un an…

 

Moi   : bonjour mon cœur, t’as réussi à bosser un peu ?

Lui    : oui, un peu… ensuite j’ai fait du ménage… puis quand j’ai vu ce temps magnifique, j’en ai eu envie d’en profiter pour aller prendre un verre en ville…

Moi   : je t’ai envoyé un mail avec un lien,

Lui    : c’est quoi ?

Moi   : tu verras quand tu liras, mais j’aimerais que tu me dises ce que tu en pense…

Lui    : ok, je te réponds dès que je rentre…

 

Intuition féminine, ou intuition tout court ? Toujours est-il que je me félicitais de lui avoir demandé de me répondre… pour constater de l’heure à laquelle il le ferait…

 

Sa réponse arrive à minuit et demi…

Son « pot en ville » aura duré bien longtemps… d’autant que dans la ville où il habite, à 23h, tous les cafés sont fermés…

Et sa réponse est bien amoureuse… :

« Bonsoir mon amour, Je t'aime, je t'aime, je t'aime !!!!!!! Tu es un ange mon cœur. Merci pour ton amour, ton attention et toi. Je t'aime »

Si je prends la peine de copier-coller son mail, c’est parce que, après la « délivrance », il tentera de convaincre une amie à moi, que ça faisait un moment qu’il « n’était plus dans la relation »…

Le lendemain matin il ne travaille pas…

Je coupe mon portable… je ne veux pas, je ne peux pas entendre de mensonges, des justifications… tout au moins pas par téléphone… je ne me sens pas la force d’écouter sagement sans dire ce que j’en pense…

Je rallume mon téléphone à 13h, heure où il commence son travail… :       7 appels en absence… dont un message : « bonjour mon amour, j’ai essayé plusieurs fois de t’appeler, mais je tombe toujours sur ta messagerie… il s’est passé quelque chose ? »

 

[J’ai lu quelque part, que souvent, on reproche aux autres, nos propres erreurs et défauts..]

 

Dans l’après-midi, je décide de lui envoyer un sms, car si j’attends qu’on se parle au téléphone le soir, je n’aurais pas plus la force d’entendre des mensonges (c’est bizarre quand même cette certitude qu’il avait « anguille sous roche »…)

 

Je lui envois :

« Bonjour mon chéri, j’ai vu que tu m’avais appelé, mon téléphone était éteint… au vu de l’heure de ton mail, j’imagine que t’as laissé tes dossiers de coté pour profiter du soleil et du pot en terrasse… je t’embrasse mon cœur. »

 

Le soir il m’appel… après quelques banalités, je le sens gêné… et il parle de son « pot » de la veille…

 

Lui    : oui… en fait… j’étais avec mon ex au restaurant… parce qu’elle avait besoin de parler… 

Moi   : ah… c’est bien la peine de me faire des discours de plus d’une heure sur la franchise, de me dire que tu ne tolère pas le mensonge…

Lui    : mais je t’ai pas mentis, c’est vrai qu’il faisait beau…

 

[D’où l’expression : « vaut mieux entendre ça, que d’être sourd !]

 

Le lendemain soir, chez lui, nous en avons reparlé, il m’a dit qu’il avait eu envie de me le dire, mais qu’il ne savait pas comment… qu’il avait peur que provoquer un nouveau heurt…

Nous étions d’accord sur le fait que revoir un ex provoque une situation pour le moins « ambiguë »… et sur le fait que, justement il faut en parler… et nous choisissons de le faire à l’avenir plutôt que de risquer ce genre de situation…

 

Ceci étant, aurions-nous eu cette discussion si mon intuition ne m’avait pas alerté… ?

Dans cet élan d’ouverture, nous aurions pu aborder les autres blessures, que son attitude a provoquées…

Non… elles continuaient alors de s’infecter…

 

Ensuite nous avons enchainé de multiples sorties, resto, ciné, spectacles, pots en ville… suffisamment agréables pour m’ordonner tacitement de me taire (et avec un bouquet de rose rouge)… pour me faire comprendre qu’un seul mot prononcé suffirait à faire tomber l’épée de Damoclès…

 

Avec en parallèle, enfin (!)des suggestions de sa part, sur l’aménagement de notre futur vie commune…

 

Mes blessures continuent de s'infecter... et la boule qui régulièrement m’oppresse, provoque un nouveau heurt…

 

Blessée de nouveau par ce heurt, ne me tapis dans un coin… et lui de son coté, rumine sa colère à ce que j’ai « encore une fois » abordé les sujets qu’il souhaite oublier…

Pendant deux jours nous ne nous contactons pas… et loupons deux spectacles pour lesquels nous avions des billets…

Aux termes de ces deux jours, il m’appel… peiné, amoureux, triste… il m’explique à demi en pleurs qu’il s’est confié à une amie, que celle-ci lui a fait réaliser à quel point son mensonge a pu me blesser…

Amadouée, je cesse de me protéger des [claques] et nous allons à un concert avec deux amis à moi…

 

La semaine suivante, il me fait partager le formulaire de sa demande de mutation… et les différents lieux de mutations possible autour de chez moi…

Nous ré-abordons la façon dont on aménagera notre vie commune…

 

Il ne valide pas sa demande de mutation car il souhaite avoir des précisions sur certains lieux, qu’il demandera le lundi par téléphone (le lundi étant le dernier jour pour valider les demandes de mutation)…

Le lundi soir, lorsqu’on se parle au téléphone, il n’aborde pas le sujet… et le mardi soir non plus, et alors qu’il me souhaite une bonne nuit pour clore la conversation, je lui demande ou en est sa mutation…

Il bafouille, gêné… il m’explique qu’il a tenté d’appeler pour avoir des renseignements… et qu’il a appris que la clôture des mutations se faisait à 10h ce jour-là… (Les demandes de mutations étaient ouvertes depuis plus de 3 semaines, mais en tant que maitre dans l’art de procrastiner…)…

Il rajoute qu’il a envoyé son préavis pour son logement…

 

Je lui fais remarquer que tout ça, a l’air d’un « acte manqué »… et que je m’étonne d’avoir à lui demander ce genre d’infos… que si je l’avais laissé raccrocher après son « bonne nuit ma chérie »… je n’aurais même pas été informée qu’il avait raté sa demande de mutation… et qu’officiellement, il aménageait chez moi dans trois mois…

 

L’ambiance est donc chargée de tension… je suis un peu comme un chien battu qui sursaute à chaque geste un peu vif…

 

Dans quatre jours j’ai cinquante ans… je me sens vide…

 

 

 

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08 juin 2015

20 - La "Chute"

wse

La veille de mon anniversaire, ma copine m’avait demandé de lui accorder ma soirée afin que l’on se fasse un « p’tit délire »… En fait, c’était pour que le Prince-Pas-Charmant puisse préparer ma maison, le repas…

 

Le lendemain, en début d’après-midi, un copain m’appelle pour me souhaiter mon anniversaire et s’excuser de ne pas être présent à la fête… j’ai donc compris que quelque chose se tramait… et j’étais… émue aux larmes…

« Il » se démenait pour moi, pour me faire plaisir… parce qu’il « m’aime »… (?!?)

 

 

Pauvre bougre... il s'aime "lui", il aime qu'on l'admire... alors, quand deux mois plus tôt, deux de mes amies l'ont appelé pour lui demander s'il prévoyait quelque chose pour mon anniversaire, il a dit "oui"... mais mes amies ont dû le relancer jusqu'à trois semaine avant le "jour J"... C'est pas vraiment de gaité de coeur qu'il le préparait cet anniversaire surprise, il s'est même confié à une autre amie sur le fait qu'il "devait" faire quelque chose pour mon anniv'parce que moi je l'avais fais un an plus tôt... Tout à son désir d'etre vu comme "un mec bien", il ne se rendait même pas compte qu'il s'affichait comme un bel hypocrite... En tout cas, ce soir là, ils n'ont été que trois à "admirer" son "dévouement", les autres ont été quelques peu interloqués par cette attitude ambigüe... Quant à moi, sonnée des 10 derniers mois, je n'étais plus objective...

 

J’arrive chez moi à vers 19h… et je vois mon frère et sa femme arriver avec un énorme bouquet… c’est donc bien ça… j’avale ma salive… il faut pas que je pleure…

 

[Parce que je sais que si je pleure, les blessures qui ont continués de s’infecter vont remonter à la surface, et la tristesse transparaitra]

 

C’est bizarre comme cette soirée est floue dans mon esprit… Je me souviens de mon arrivée, de ses bras qui m’enlacent, de sa joie à m’offrir cette soirée… mais c’est tout… le reste est comme un brouillard…

 

Je me souviens du lendemain, ou la complicité retrouvée nous enveloppait… Et, de nouveau nous avons étudié l’organisation de notre future vie commune. Il projette de construire une pièce de jardin pour son atelier… Dans nos plans, mon garage sera totalement réaménagé, il propose même d’y insérer un sauna…

 

 

[Nous sommes à deux mois de la « délivrance », suite à laquelle, il tentera de convaincre une amie à moi, que ça faisait un moment qu’il « n’était plus dans la relation »…]

 

 

Je lui explique que j’ai fait part à mes enfants de notre future vie commune en leur signifiant qu’une des chambres deviendrait la chambre de son fils…

Mes enfants sont grands, en âge d’être autonome (depuis longtemps même), et je trouve que ce projet de vie commune est un argument adéquat pour les « pousser » au cul… Non seulement ils le comprennent très bien, mais ils commencent à réfléchir à une solution pour stocker leur affaires ailleurs afin de libérer de la place pour moi et le Prince-Pas-Charmant…

 

Il me semble entrevoir des fenêtres d’accalmie… et l’espoir d’un chemin vers la sérénité renait…

 

Sauf que… c’est toujours sans mots, sans mise au point… Sa liberté m’est toujours imposée, la mienne se résume à l’être suivant ses critères…

Nos heurts sont pour lui, des « discussions »…

Et tant pis si la tension extrême qui règne dans ces moment-là, empêche toute objectivité, prise de recul et surtout, mise en place de solutions équitables que l’on aurait décidé à deux : d’adopter….

Pour lui, la  solution c’est : « je suis comme ça, je changerais pas, nul n’appartient à personne… » 

[Et si ça te conviens pas, si certains de mes comportements et attitudes te font souffrir, et bien, il te faut « faire avec », parce que ta souffrance ne m’appartient pas, parce que je veux être libre de faire, dire et agir comme je l’entends… et qu’un couple ne doit pas être un médicament… (Par contre, lorsque moi j’ai besoin, j’aime bien que tu sois là…)…]

L’empathie lui est décidément totalement étrangère…

Revendiquer la liberté de faire, dire et agir comme on l’entends, même si cela peut blesser… tout en déclarant en parallèle vouloir être un soutien pour moi, un compagnon, et me répéter qu’il m’aime… c’est juste… le summum de l’incohérence…

C’est une facette de lui que seules ses compagnes ont découvert… ceux qu’il appelle ses amis, ne connaissent pas ce genre de discours, car il a l’art de présenter les choses à son avantage… où il me décrit comme une jalouse, possessive, envahissante, perpétuelle inquiète…

Je l’ai mis au défi un jour de raconter aux amies à qui il se confi, les faits, crus et sans fioritures… car, je sais qu’il est à 10000 lieux de réaliser qu’aucunes nanas ne supporterait cela… sauf une dont la fragilité serait telle que toute objectivité lui ferait défaut…

En fait, c’est exactement ce genre de femme qu’il veut… une nana sonnée par la vie, qui vivrait dans la peur de le perdre, acceptant goujaterie, égocentrisme et dictature du silence…

 

En avril,  il a quelques jours de vacances, mais rien n’a été décidé entre nous pour cette période…

J’avais bien pensé profiter de ce temps pour commencer à aménager des rangements pour ses affaires, construire une bibliothèque… mais, je sais qu’il a énormément de travail en retard, aussi, je lui laisse le soin de s’organiser comme il l’entend... (pas envie d'entendre une fois de plus que je "l'étouffe")

 

Le vendredi soir de ses vacances, il vient chez moi pour passer le week-end.

Alors que l’on prépare le repas, il « pense » tout haut…

 

Lui    : mon fils fait un spectacle demain…

Moi   : ah, oui, c’est demain ? Mais alors va le voir !!!

Lui    : bah… c’est un peu tard…

 

[C’est à Paris… et ses relations avec son fils, sont un peu tendues. Aussi, j’y vois pour lui, une superbe occasion d’apaiser les tensions, d’améliorer la relation père-fils…]

 

Moi   : pourquoi ? Attends, on va voir sur sncf.com et tu sautes dans le 1er train…

Lui    : au dernier moment, ça va être hyper cher…

Moi   : alors va voir sur blablacar…

 

Après un moment de surf sur ces deux sites… il trouve un covoiturage pour 7h le lendemain… Nous nous levons à 5h45, et je l’emmène au lieu de rdv du covoiturage…

 

Et je rentre…

En me souvenant qu’il m’a parlé un mois plus tôt du spectacle de son fils…

A l’époque il ne connaissait pas la date précise…

Et en maitre dans l’art de procrastiner, il n’a pas cherché à s’en informer… c’est par hasard que ce vendredi, il l’a appris…

Et je réalise que le déjeuner du lendemain chez des amis à moi, auquel nous étions conviés tous les deux… et bien j’irais seule…

Je suis contente de l’avoir poussé à aller voir son fils… mais… comment dire… j’ai comme un sentiment bizarre de sens unique…

Je sors le samedi soir, tentant par les excès et l’heure tardive de coucher… d’anesthésier mes ressentis…

 

Depuis quelques semaines, mes somatisations s’amplifient… mal au dos, manque d’appétit, cauchemars… je ne travaille quasiment plus, le stress atteignant souvent des sommets…

 

A son retour le dimanche soir, je lui demande s’il accepterait de nous accompagner lundi, moi et ma fille à l’état des lieux de l’appart que ma fille rend.

Cet appart est à plus de deux heures de route, et il est prévu que l’on s’arrête à l’assos ou elle travaillait.

Le Prince-Pas-Charmant décline car il a prévu de travailler, et de tondre sa pelouse…

Je tente de cacher ma déception… (Mal)

 

Moi   : et mardi, on se voit ? Tu viens ?

Lui    : non, c’est l’anniversaire de ta fille… je vais vous laisser en famille… je vais pas vous déranger…

Moi   : …

Moi   : nous sommes à deux mois et demi de vivre ensemble et tu en es encore à « ne pas vouloir nous déranger ? …

Lui    : tu m’as pas invité… je ne me sens pas le droit d’imposer ma présence…

Moi   : ….

Moi   : heu… je pensais pas qu’il fallait un caractère officiel pour que tu te sentes « invité »… mais c’est vrai… je ne l’ai pas… je te savais en vacances, j’étais contente que cela coïncide avec l’anniversaire de ma fille…

Lui    : mais j’en serais honoré… j’accepte avec plaisir…

Moi   : pour demain aussi, je m’étais dit que, comme tu es en vacances, nous aurions pu profiter d’accompagner ma fille à son état des lieux pour visiter son assos… d’autant plus qu’une présence masculine, n’aurait pas été de trop face à son proprio…

Lui    : ah, j’avais pas vu les choses sous cet angle… dans ce cas, j’accepte avec plaisir…

 

Mes excès du week-end et la boule amplifiée par le stress me font passer une très mauvaise nuit, remplie de cauchemars…

Nous nous levons tôt pour être à 11h à l’état des lieux.

Il est « accompagnant » au travers de questions et remarques au proprio. Cela me touche et me fait plaisir.

Nous nous rendons ensuite à l’assos ou ma fille a travaillé, et où nous sommes attendu pour déjeuner.

Avant le repas, la responsable nous fait visiter l’assos.

Le Prince-Pas-Charmant ne sort pas un seul mot. Pas une question, pas une remarque, rien.

 

[Lors de nos rdv chez le conseiller conjugal, il s’est présenté (comme de multiples fois à moi) comme quelqu’un d’extrêmement  sociable, convivial… quelqu’un qui, dans une soirée où il ne connait personne, va repartir en connaissant tout le monde..., parce qu’il est curieux, ouvert, poli, courtois... et là, dans un contexte relationnel entre nous qu’on peut qualifier de « sensible »… le genre de contexte où il est bon d’y mettre de la bonne volonté… et ben… rien]

 

[Claque]

 

Pendant le repas, il participe à la conversation… il me semble percevoir un manque de tolérance… mais bon… je ne suis pas en état d’être objective…

 

[En fait, les personnes présentes ont eu la même impression…]

 

Après le repas, nous continuons notre visite de l’assos…

Le Prince-Pas-Charmant rentre de nouveau dans un mutisme impoli…

Je tente de lui lancer des perches… des rapprochements de tendresse… rien…

La boule augmente à vue d’œil… jusqu’à rendre ma déglutition douloureuse…

 

[Il me dira par la suite qu’il a été vexé au péage de l’autoroute, que je n’ai pas pris le ticket de péage pour qu’il puisse faire ses comptes… ce que je n’ai pas contesté, et même reconnu que c’était déplacé de ma part d’avoir rajouté sur le moment « mais de toute façon tu fais jamais tes comptes »…]

 

[Voilà un exemple de « ma liberté à l’être suivant ses critères » : encaisser ses goujateries quel qu’en soit le nombre et la fréquence… et lui laisser la liberté d’être impoli s’il se sent blessé de ne pas avoir eu un ticket d’autoroute et une mauvaise blague à deux balles sur « ses comptes »… Nous sommes en plein dans l’équité, la tolérance et le respect]

 

Lors d’une halte « gaz oil » sur la route du retour, je ne peux contenir ma boule…

 

Moi   : tu n’as pas été très loquace…

Lui    : j’étais dans l’observation…

 

Je lui fais remarquer, qu’on peut observer et se montrer poli…

Il se ferme… et moi, je ne peux tout simplement plus parler, la boule m’en empêchant...

 

Lorsqu’on arrive chez moi, je suis au bord des larmes… et dans le jardin, devant un thé… je craque… ma fille qui n'est pas loin, vient me voir inquiète… je fais diversion en prétextant la fatigue…

 

[Plus tard, ma fille me fera remarquer qu’elle a été choqué de le voir assis en face de moi, à me regarder pleurer, sans bouger…]

 

Le Prince-Pas-Charmant me propose d’aller prendre un verre pour me changer les idées…

 

[Décidément (comme pour le resto lorsque j’étais inquiète pour mon fils fiévreux à l’étranger) il a dû mal à comprendre ma pudeur à m’afficher dans un lieu public les yeux rouges, avec une émotivité à fleur de peau rendant les larmes faciles…]

 

Je décline sa proposition… il me propose alors d’aller faire quelques courses pour le diner du soir… j’accepte, puis une fois devant la superette de ma commune, je lui dis que je l’attends dans ma voiture... (toujours ma pudeur, et craindre de croiser des connaissances ou clients, le visage ravagé par les larmes)…

Mais ça, il a pas l’air de comprendre… ou de s’en soucier…

 

Il sort de la voiture et me dit : « il fait beau, profitons du moment présent, allons-nous promener, cesse de ressasser… »

 

[En repensant à cette scène, je me rends compte de nouveau, que l’intelligence relationnel et émotionnelle prime sur le traditionnel « QI » et surtout sur « la culture général »… ]


Je l’attends, croulant sous la culpabilité… Je me sens… si seule, si mal, si nulle… j’ai envie, besoin de parole douces et réconfortantes… gratuites… de bras entourant, de tendresse inconditionnelle… je suis fébrile…

 

Je ne me sens pas la force physique et moral d’aller marcher… j’ai juste envie de me tapir dans un coin… de me cacher des mots durs, des attitudes froides, des paroles ambiguës…

 

Nous retournons chez moi, et comme l’ambiance s’est fortement dégradée, nous nous retirons dans ma chambre pour être seuls…

Et c’est le début d’une non-discussion, ou je me vois accusée de « revenir sur des vieux sujets », de n’être jamais rassurée, d’en vouloir toujours plus…

 

Cela suscite en moi, un agacement qui a des airs de colère, et prend le dessus sur ma fatigue… après de longues heures de discussion totalement stérile, je finis par lui parler franchement :

 

Moi   : ce dont j’ai besoin, c’est de savoir que les diverses situations ambiguës, blessantes ne   se reproduiront plus… ou tout au moins que tu feras ton possible pour que cela n’arrive plus… 

Lui    : oui, je ferais mon possible pour que cela n’arrive plus….

Mais je ne peux pas te garantir que cela n’arrivera plus…

Car, si de nouveau je suis pris dans des événements, et que ton inquiétude me parait irrationnelle, et bien, oui, ça peut se reproduire…

 

[Y’a pas à dire : il sait trouver les mots qu’il faut pour se montrer rassurant, réconfortantça, c’est de l’intelligence relationnelle et émotionnelle !]

 

notre discussion s’est éternisée jusqu’à plus de minuit… j’ai tenté (quelle folle naïve je suis !!!) de lui expliquer de toutes les façons que j’ai pu… que s’il voulait vraiment se montrer rassurant, il lui suffisait de ne pas rajouter la deuxième partie de sa phrase… au bout d’un moment il me ressort la phrase, sans sa deuxième partie en finissant par « voilà, c’est ça que tu veux entendre ?

 

Excédée, j’ai vivement reposé le verre que je tenais… ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder sa « patience » ( !)… et il est partit à 1h30 du matin…

 

Là, je me suis humilié moi-même : je l’ai suivie pied nue dehors, lui demandant de rester… lui proposant d’aller nous coucher… pleurant devant lui…

 

Puis je l’ai appelé sur son portable plusieurs fois… puis sur son fixe quand il est arrivé chez lui… je pleurais, je lui proposais de venir chez lui…

 

Il a refusé en bloc, il en avait marre de moi, il voulait du calme, être seul, ne plus me voir…

 

Jamais je ne me suis sentie aussi… « Merde »…

 

 

 

 

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