wse

La veille de mon anniversaire, ma copine m’avait demandé de lui accorder ma soirée afin que l’on se fasse un « p’tit délire »… En fait, c’était pour que le Prince-Pas-Charmant puisse préparer ma maison, le repas…

 

Le lendemain, en début d’après-midi, un copain m’appelle pour me souhaiter mon anniversaire et s’excuser de ne pas être présent à la fête… j’ai donc compris que quelque chose se tramait… et j’étais… émue aux larmes…

« Il » se démenait pour moi, pour me faire plaisir… parce qu’il « m’aime »… (?!?)

 

 

Pauvre bougre... il s'aime "lui", il aime qu'on l'admire... alors, quand deux mois plus tôt, deux de mes amies l'ont appelé pour lui demander s'il prévoyait quelque chose pour mon anniversaire, il a dit "oui"... mais mes amies ont dû le relancer jusqu'à trois semaine avant le "jour J"... C'est pas vraiment de gaité de coeur qu'il le préparait cet anniversaire surprise, il s'est même confié à une autre amie sur le fait qu'il "devait" faire quelque chose pour mon anniv'parce que moi je l'avais fais un an plus tôt... Tout à son désir d'etre vu comme "un mec bien", il ne se rendait même pas compte qu'il s'affichait comme un bel hypocrite... En tout cas, ce soir là, ils n'ont été que trois à "admirer" son "dévouement", les autres ont été quelques peu interloqués par cette attitude ambigüe... Quant à moi, sonnée des 10 derniers mois, je n'étais plus objective...

 

J’arrive chez moi à vers 19h… et je vois mon frère et sa femme arriver avec un énorme bouquet… c’est donc bien ça… j’avale ma salive… il faut pas que je pleure…

 

[Parce que je sais que si je pleure, les blessures qui ont continués de s’infecter vont remonter à la surface, et la tristesse transparaitra]

 

C’est bizarre comme cette soirée est floue dans mon esprit… Je me souviens de mon arrivée, de ses bras qui m’enlacent, de sa joie à m’offrir cette soirée… mais c’est tout… le reste est comme un brouillard…

 

Je me souviens du lendemain, ou la complicité retrouvée nous enveloppait… Et, de nouveau nous avons étudié l’organisation de notre future vie commune. Il projette de construire une pièce de jardin pour son atelier… Dans nos plans, mon garage sera totalement réaménagé, il propose même d’y insérer un sauna…

 

 

[Nous sommes à deux mois de la « délivrance », suite à laquelle, il tentera de convaincre une amie à moi, que ça faisait un moment qu’il « n’était plus dans la relation »…]

 

 

Je lui explique que j’ai fait part à mes enfants de notre future vie commune en leur signifiant qu’une des chambres deviendrait la chambre de son fils…

Mes enfants sont grands, en âge d’être autonome (depuis longtemps même), et je trouve que ce projet de vie commune est un argument adéquat pour les « pousser » au cul… Non seulement ils le comprennent très bien, mais ils commencent à réfléchir à une solution pour stocker leur affaires ailleurs afin de libérer de la place pour moi et le Prince-Pas-Charmant…

 

Il me semble entrevoir des fenêtres d’accalmie… et l’espoir d’un chemin vers la sérénité renait…

 

Sauf que… c’est toujours sans mots, sans mise au point… Sa liberté m’est toujours imposée, la mienne se résume à l’être suivant ses critères…

Nos heurts sont pour lui, des « discussions »…

Et tant pis si la tension extrême qui règne dans ces moment-là, empêche toute objectivité, prise de recul et surtout, mise en place de solutions équitables que l’on aurait décidé à deux : d’adopter….

Pour lui, la  solution c’est : « je suis comme ça, je changerais pas, nul n’appartient à personne… » 

[Et si ça te conviens pas, si certains de mes comportements et attitudes te font souffrir, et bien, il te faut « faire avec », parce que ta souffrance ne m’appartient pas, parce que je veux être libre de faire, dire et agir comme je l’entends… et qu’un couple ne doit pas être un médicament… (Par contre, lorsque moi j’ai besoin, j’aime bien que tu sois là…)…]

L’empathie lui est décidément totalement étrangère…

Revendiquer la liberté de faire, dire et agir comme on l’entends, même si cela peut blesser… tout en déclarant en parallèle vouloir être un soutien pour moi, un compagnon, et me répéter qu’il m’aime… c’est juste… le summum de l’incohérence…

C’est une facette de lui que seules ses compagnes ont découvert… ceux qu’il appelle ses amis, ne connaissent pas ce genre de discours, car il a l’art de présenter les choses à son avantage… où il me décrit comme une jalouse, possessive, envahissante, perpétuelle inquiète…

Je l’ai mis au défi un jour de raconter aux amies à qui il se confi, les faits, crus et sans fioritures… car, je sais qu’il est à 10000 lieux de réaliser qu’aucunes nanas ne supporterait cela… sauf une dont la fragilité serait telle que toute objectivité lui ferait défaut…

En fait, c’est exactement ce genre de femme qu’il veut… une nana sonnée par la vie, qui vivrait dans la peur de le perdre, acceptant goujaterie, égocentrisme et dictature du silence…

 

En avril,  il a quelques jours de vacances, mais rien n’a été décidé entre nous pour cette période…

J’avais bien pensé profiter de ce temps pour commencer à aménager des rangements pour ses affaires, construire une bibliothèque… mais, je sais qu’il a énormément de travail en retard, aussi, je lui laisse le soin de s’organiser comme il l’entend... (pas envie d'entendre une fois de plus que je "l'étouffe")

 

Le vendredi soir de ses vacances, il vient chez moi pour passer le week-end.

Alors que l’on prépare le repas, il « pense » tout haut…

 

Lui    : mon fils fait un spectacle demain…

Moi   : ah, oui, c’est demain ? Mais alors va le voir !!!

Lui    : bah… c’est un peu tard…

 

[C’est à Paris… et ses relations avec son fils, sont un peu tendues. Aussi, j’y vois pour lui, une superbe occasion d’apaiser les tensions, d’améliorer la relation père-fils…]

 

Moi   : pourquoi ? Attends, on va voir sur sncf.com et tu sautes dans le 1er train…

Lui    : au dernier moment, ça va être hyper cher…

Moi   : alors va voir sur blablacar…

 

Après un moment de surf sur ces deux sites… il trouve un covoiturage pour 7h le lendemain… Nous nous levons à 5h45, et je l’emmène au lieu de rdv du covoiturage…

 

Et je rentre…

En me souvenant qu’il m’a parlé un mois plus tôt du spectacle de son fils…

A l’époque il ne connaissait pas la date précise…

Et en maitre dans l’art de procrastiner, il n’a pas cherché à s’en informer… c’est par hasard que ce vendredi, il l’a appris…

Et je réalise que le déjeuner du lendemain chez des amis à moi, auquel nous étions conviés tous les deux… et bien j’irais seule…

Je suis contente de l’avoir poussé à aller voir son fils… mais… comment dire… j’ai comme un sentiment bizarre de sens unique…

Je sors le samedi soir, tentant par les excès et l’heure tardive de coucher… d’anesthésier mes ressentis…

 

Depuis quelques semaines, mes somatisations s’amplifient… mal au dos, manque d’appétit, cauchemars… je ne travaille quasiment plus, le stress atteignant souvent des sommets…

 

A son retour le dimanche soir, je lui demande s’il accepterait de nous accompagner lundi, moi et ma fille à l’état des lieux de l’appart que ma fille rend.

Cet appart est à plus de deux heures de route, et il est prévu que l’on s’arrête à l’assos ou elle travaillait.

Le Prince-Pas-Charmant décline car il a prévu de travailler, et de tondre sa pelouse…

Je tente de cacher ma déception… (Mal)

 

Moi   : et mardi, on se voit ? Tu viens ?

Lui    : non, c’est l’anniversaire de ta fille… je vais vous laisser en famille… je vais pas vous déranger…

Moi   : …

Moi   : nous sommes à deux mois et demi de vivre ensemble et tu en es encore à « ne pas vouloir nous déranger ? …

Lui    : tu m’as pas invité… je ne me sens pas le droit d’imposer ma présence…

Moi   : ….

Moi   : heu… je pensais pas qu’il fallait un caractère officiel pour que tu te sentes « invité »… mais c’est vrai… je ne l’ai pas… je te savais en vacances, j’étais contente que cela coïncide avec l’anniversaire de ma fille…

Lui    : mais j’en serais honoré… j’accepte avec plaisir…

Moi   : pour demain aussi, je m’étais dit que, comme tu es en vacances, nous aurions pu profiter d’accompagner ma fille à son état des lieux pour visiter son assos… d’autant plus qu’une présence masculine, n’aurait pas été de trop face à son proprio…

Lui    : ah, j’avais pas vu les choses sous cet angle… dans ce cas, j’accepte avec plaisir…

 

Mes excès du week-end et la boule amplifiée par le stress me font passer une très mauvaise nuit, remplie de cauchemars…

Nous nous levons tôt pour être à 11h à l’état des lieux.

Il est « accompagnant » au travers de questions et remarques au proprio. Cela me touche et me fait plaisir.

Nous nous rendons ensuite à l’assos ou ma fille a travaillé, et où nous sommes attendu pour déjeuner.

Avant le repas, la responsable nous fait visiter l’assos.

Le Prince-Pas-Charmant ne sort pas un seul mot. Pas une question, pas une remarque, rien.

 

[Lors de nos rdv chez le conseiller conjugal, il s’est présenté (comme de multiples fois à moi) comme quelqu’un d’extrêmement  sociable, convivial… quelqu’un qui, dans une soirée où il ne connait personne, va repartir en connaissant tout le monde..., parce qu’il est curieux, ouvert, poli, courtois... et là, dans un contexte relationnel entre nous qu’on peut qualifier de « sensible »… le genre de contexte où il est bon d’y mettre de la bonne volonté… et ben… rien]

 

[Claque]

 

Pendant le repas, il participe à la conversation… il me semble percevoir un manque de tolérance… mais bon… je ne suis pas en état d’être objective…

 

[En fait, les personnes présentes ont eu la même impression…]

 

Après le repas, nous continuons notre visite de l’assos…

Le Prince-Pas-Charmant rentre de nouveau dans un mutisme impoli…

Je tente de lui lancer des perches… des rapprochements de tendresse… rien…

La boule augmente à vue d’œil… jusqu’à rendre ma déglutition douloureuse…

 

[Il me dira par la suite qu’il a été vexé au péage de l’autoroute, que je n’ai pas pris le ticket de péage pour qu’il puisse faire ses comptes… ce que je n’ai pas contesté, et même reconnu que c’était déplacé de ma part d’avoir rajouté sur le moment « mais de toute façon tu fais jamais tes comptes »…]

 

[Voilà un exemple de « ma liberté à l’être suivant ses critères » : encaisser ses goujateries quel qu’en soit le nombre et la fréquence… et lui laisser la liberté d’être impoli s’il se sent blessé de ne pas avoir eu un ticket d’autoroute et une mauvaise blague à deux balles sur « ses comptes »… Nous sommes en plein dans l’équité, la tolérance et le respect]

 

Lors d’une halte « gaz oil » sur la route du retour, je ne peux contenir ma boule…

 

Moi   : tu n’as pas été très loquace…

Lui    : j’étais dans l’observation…

 

Je lui fais remarquer, qu’on peut observer et se montrer poli…

Il se ferme… et moi, je ne peux tout simplement plus parler, la boule m’en empêchant...

 

Lorsqu’on arrive chez moi, je suis au bord des larmes… et dans le jardin, devant un thé… je craque… ma fille qui n'est pas loin, vient me voir inquiète… je fais diversion en prétextant la fatigue…

 

[Plus tard, ma fille me fera remarquer qu’elle a été choqué de le voir assis en face de moi, à me regarder pleurer, sans bouger…]

 

Le Prince-Pas-Charmant me propose d’aller prendre un verre pour me changer les idées…

 

[Décidément (comme pour le resto lorsque j’étais inquiète pour mon fils fiévreux à l’étranger) il a dû mal à comprendre ma pudeur à m’afficher dans un lieu public les yeux rouges, avec une émotivité à fleur de peau rendant les larmes faciles…]

 

Je décline sa proposition… il me propose alors d’aller faire quelques courses pour le diner du soir… j’accepte, puis une fois devant la superette de ma commune, je lui dis que je l’attends dans ma voiture... (toujours ma pudeur, et craindre de croiser des connaissances ou clients, le visage ravagé par les larmes)…

Mais ça, il a pas l’air de comprendre… ou de s’en soucier…

 

Il sort de la voiture et me dit : « il fait beau, profitons du moment présent, allons-nous promener, cesse de ressasser… »

 

[En repensant à cette scène, je me rends compte de nouveau, que l’intelligence relationnel et émotionnelle prime sur le traditionnel « QI » et surtout sur « la culture général »… ]


Je l’attends, croulant sous la culpabilité… Je me sens… si seule, si mal, si nulle… j’ai envie, besoin de parole douces et réconfortantes… gratuites… de bras entourant, de tendresse inconditionnelle… je suis fébrile…

 

Je ne me sens pas la force physique et moral d’aller marcher… j’ai juste envie de me tapir dans un coin… de me cacher des mots durs, des attitudes froides, des paroles ambiguës…

 

Nous retournons chez moi, et comme l’ambiance s’est fortement dégradée, nous nous retirons dans ma chambre pour être seuls…

Et c’est le début d’une non-discussion, ou je me vois accusée de « revenir sur des vieux sujets », de n’être jamais rassurée, d’en vouloir toujours plus…

 

Cela suscite en moi, un agacement qui a des airs de colère, et prend le dessus sur ma fatigue… après de longues heures de discussion totalement stérile, je finis par lui parler franchement :

 

Moi   : ce dont j’ai besoin, c’est de savoir que les diverses situations ambiguës, blessantes ne   se reproduiront plus… ou tout au moins que tu feras ton possible pour que cela n’arrive plus… 

Lui    : oui, je ferais mon possible pour que cela n’arrive plus….

Mais je ne peux pas te garantir que cela n’arrivera plus…

Car, si de nouveau je suis pris dans des événements, et que ton inquiétude me parait irrationnelle, et bien, oui, ça peut se reproduire…

 

[Y’a pas à dire : il sait trouver les mots qu’il faut pour se montrer rassurant, réconfortantça, c’est de l’intelligence relationnelle et émotionnelle !]

 

notre discussion s’est éternisée jusqu’à plus de minuit… j’ai tenté (quelle folle naïve je suis !!!) de lui expliquer de toutes les façons que j’ai pu… que s’il voulait vraiment se montrer rassurant, il lui suffisait de ne pas rajouter la deuxième partie de sa phrase… au bout d’un moment il me ressort la phrase, sans sa deuxième partie en finissant par « voilà, c’est ça que tu veux entendre ?

 

Excédée, j’ai vivement reposé le verre que je tenais… ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder sa « patience » ( !)… et il est partit à 1h30 du matin…

 

Là, je me suis humilié moi-même : je l’ai suivie pied nue dehors, lui demandant de rester… lui proposant d’aller nous coucher… pleurant devant lui…

 

Puis je l’ai appelé sur son portable plusieurs fois… puis sur son fixe quand il est arrivé chez lui… je pleurais, je lui proposais de venir chez lui…

 

Il a refusé en bloc, il en avait marre de moi, il voulait du calme, être seul, ne plus me voir…

 

Jamais je ne me suis sentie aussi… « Merde »…