Claire Diterzi - Le roi des forêts

On m'a fait découvrir cette artiste et ce morceau au début de l'année... ça a résonné en moi de mille tintements... chaque fois que je l'écoutais, il me semblait que quelque chose voulait sortir de moi... comme une voix sourde qui tentait de me crier, m'avertir, me prévenir...

 

 

A partir de maintenant, les [cadeaux] sont largement minoritaires aux [claques]… juste de quoi me maintenir en haleine… à peine de quoi respirer…

 

Les [claques] sont trop rapprochées pour que je puisse prendre du recul… je tente juste me tapir dans un coin en me protégeant des coups…

 

Un après-midi où la dernière [claque] était suffisamment lointaine pour laisser mon esprit blessé croire, qu’elle et toutes les autres étaient « accidentelles »… Je m’occupe à lui faire un site pour promouvoir ses « talents » de plasticien…

Toute contente de moi, je lui envois le lien de l’ébauche du site…

Et je l’appel pour le lui dire…

 

Ce jour-là il fait un temps magnifique, et je m’enquière de savoir s’il a réussi à avancer dans son travail, car, en roi de la procrastination, il a des dossiers de travail en retard de presque un an…

 

Moi   : bonjour mon cœur, t’as réussi à bosser un peu ?

Lui    : oui, un peu… ensuite j’ai fait du ménage… puis quand j’ai vu ce temps magnifique, j’en ai eu envie d’en profiter pour aller prendre un verre en ville…

Moi   : je t’ai envoyé un mail avec un lien,

Lui    : c’est quoi ?

Moi   : tu verras quand tu liras, mais j’aimerais que tu me dises ce que tu en pense…

Lui    : ok, je te réponds dès que je rentre…

 

Intuition féminine, ou intuition tout court ? Toujours est-il que je me félicitais de lui avoir demandé de me répondre… pour constater de l’heure à laquelle il le ferait…

 

Sa réponse arrive à minuit et demi…

Son « pot en ville » aura duré bien longtemps… d’autant que dans la ville où il habite, à 23h, tous les cafés sont fermés…

Et sa réponse est bien amoureuse… :

« Bonsoir mon amour, Je t'aime, je t'aime, je t'aime !!!!!!! Tu es un ange mon cœur. Merci pour ton amour, ton attention et toi. Je t'aime »

Si je prends la peine de copier-coller son mail, c’est parce que, après la « délivrance », il tentera de convaincre une amie à moi, que ça faisait un moment qu’il « n’était plus dans la relation »…

Le lendemain matin il ne travaille pas…

Je coupe mon portable… je ne veux pas, je ne peux pas entendre de mensonges, des justifications… tout au moins pas par téléphone… je ne me sens pas la force d’écouter sagement sans dire ce que j’en pense…

Je rallume mon téléphone à 13h, heure où il commence son travail… :       7 appels en absence… dont un message : « bonjour mon amour, j’ai essayé plusieurs fois de t’appeler, mais je tombe toujours sur ta messagerie… il s’est passé quelque chose ? »

 

[J’ai lu quelque part, que souvent, on reproche aux autres, nos propres erreurs et défauts..]

 

Dans l’après-midi, je décide de lui envoyer un sms, car si j’attends qu’on se parle au téléphone le soir, je n’aurais pas plus la force d’entendre des mensonges (c’est bizarre quand même cette certitude qu’il avait « anguille sous roche »…)

 

Je lui envois :

« Bonjour mon chéri, j’ai vu que tu m’avais appelé, mon téléphone était éteint… au vu de l’heure de ton mail, j’imagine que t’as laissé tes dossiers de coté pour profiter du soleil et du pot en terrasse… je t’embrasse mon cœur. »

 

Le soir il m’appel… après quelques banalités, je le sens gêné… et il parle de son « pot » de la veille…

 

Lui    : oui… en fait… j’étais avec mon ex au restaurant… parce qu’elle avait besoin de parler… 

Moi   : ah… c’est bien la peine de me faire des discours de plus d’une heure sur la franchise, de me dire que tu ne tolère pas le mensonge…

Lui    : mais je t’ai pas mentis, c’est vrai qu’il faisait beau…

 

[D’où l’expression : « vaut mieux entendre ça, que d’être sourd !]

 

Le lendemain soir, chez lui, nous en avons reparlé, il m’a dit qu’il avait eu envie de me le dire, mais qu’il ne savait pas comment… qu’il avait peur que provoquer un nouveau heurt…

Nous étions d’accord sur le fait que revoir un ex provoque une situation pour le moins « ambiguë »… et sur le fait que, justement il faut en parler… et nous choisissons de le faire à l’avenir plutôt que de risquer ce genre de situation…

 

Ceci étant, aurions-nous eu cette discussion si mon intuition ne m’avait pas alerté… ?

Dans cet élan d’ouverture, nous aurions pu aborder les autres blessures, que son attitude a provoquées…

Non… elles continuaient alors de s’infecter…

 

Ensuite nous avons enchainé de multiples sorties, resto, ciné, spectacles, pots en ville… suffisamment agréables pour m’ordonner tacitement de me taire (et avec un bouquet de rose rouge)… pour me faire comprendre qu’un seul mot prononcé suffirait à faire tomber l’épée de Damoclès…

 

Avec en parallèle, enfin (!)des suggestions de sa part, sur l’aménagement de notre futur vie commune…

 

Mes blessures continuent de s'infecter... et la boule qui régulièrement m’oppresse, provoque un nouveau heurt…

 

Blessée de nouveau par ce heurt, ne me tapis dans un coin… et lui de son coté, rumine sa colère à ce que j’ai « encore une fois » abordé les sujets qu’il souhaite oublier…

Pendant deux jours nous ne nous contactons pas… et loupons deux spectacles pour lesquels nous avions des billets…

Aux termes de ces deux jours, il m’appel… peiné, amoureux, triste… il m’explique à demi en pleurs qu’il s’est confié à une amie, que celle-ci lui a fait réaliser à quel point son mensonge a pu me blesser…

Amadouée, je cesse de me protéger des [claques] et nous allons à un concert avec deux amis à moi…

 

La semaine suivante, il me fait partager le formulaire de sa demande de mutation… et les différents lieux de mutations possible autour de chez moi…

Nous ré-abordons la façon dont on aménagera notre vie commune…

 

Il ne valide pas sa demande de mutation car il souhaite avoir des précisions sur certains lieux, qu’il demandera le lundi par téléphone (le lundi étant le dernier jour pour valider les demandes de mutation)…

Le lundi soir, lorsqu’on se parle au téléphone, il n’aborde pas le sujet… et le mardi soir non plus, et alors qu’il me souhaite une bonne nuit pour clore la conversation, je lui demande ou en est sa mutation…

Il bafouille, gêné… il m’explique qu’il a tenté d’appeler pour avoir des renseignements… et qu’il a appris que la clôture des mutations se faisait à 10h ce jour-là… (Les demandes de mutations étaient ouvertes depuis plus de 3 semaines, mais en tant que maitre dans l’art de procrastiner…)…

Il rajoute qu’il a envoyé son préavis pour son logement…

 

Je lui fais remarquer que tout ça, a l’air d’un « acte manqué »… et que je m’étonne d’avoir à lui demander ce genre d’infos… que si je l’avais laissé raccrocher après son « bonne nuit ma chérie »… je n’aurais même pas été informée qu’il avait raté sa demande de mutation… et qu’officiellement, il aménageait chez moi dans trois mois…

 

L’ambiance est donc chargée de tension… je suis un peu comme un chien battu qui sursaute à chaque geste un peu vif…

 

Dans quatre jours j’ai cinquante ans… je me sens vide…