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Comment peut-on rester aussi aveugle à tant de goujaterie ?

C’est très simple : lavage de cerveau.

 

Son attitude n’est ni plus ni moins, l’équivalent d’un lavage de cerveau, l’outil principal etant le « chaud et froid »…

Dans l’exposé que je fais de cette histoire, je m’arrête sur les faits qui ont été le plus marquant en termes de blessures… mais il faut bien comprendre que le tout était parfaitement enveloppé dans un emballage de mots d’amour, gestes tendres et autre attitudes « d’un amoureux transit »…

 

Il semblait avoir appris le rôle de l’amoureux et, il l’appliquait soigneusement.

-        Appeler l’autre « ma chérie », « mon cœur », « mon amour » (il ne m’appelait jamais par mon prénom…)

-        Embrasser dès qu’il y a un rapprochement,

-        Proposer un thé, café, ou autre à l’arrivée de l’autre,

-        Payer les consommations dans les cafés,

-        Aller au cinéma ou resto au moins deux fois par mois,

-        Dire à l’autre qu’elle est belle le plus souvent possible,

-        Sortir l’autre (pour être « accompagné » et aussi « vu »),

-        Ect.. ect… (ce sont les « grandes lignes », mais concrètement c’était encore plus subtil…)

 

Par là-dessus, vous rajoutez des trucs du genre « je n’ai jamais ressenti ça auparavant », « tu me rends profondément heureux », « j’aimerais que ça dure toujours », « j’ai peur que tu ne m’aimes plus »… et les goujateries deviennent des incompréhensions dont on finit par se culpabiliser de douter…

Voilà, il doit penser qu'une fois qu'il y a tous ces ingrédients... pas besoin de rajouter quoi que ce soit... et surtout pas les mots... les mots sont des prises de têtes de gonzesses...

Tant que je me « taisais »… j’avais droit à toutes les « recettes » du rôle de l’amoureux… Tant que je restais à ma place de « soit belle et tais toi », dès que nous étions ensemble il « m’adorait »…

Pendant cette trêve d'un mois et demi, nos semaines étaient donc faites de concerts, déclarations d’amour, spectacles, diner, tendresse infinie, cinéma, apéro, retrouvailles amoureuses… j’ai même eu droit à une rando pédestre (1ere en 18 mois) aux alentours de chez moi (mais durant laquelle il est resté 20mn au téléphone, môssieur qui mets un point d’honneur à ne pas téléphoner lorsqu’il est en compagnie…)…

Durant cette idyllique période de trêve, il y avait quand même un gros bémol : jamais nous n’avons abordé le « comment s’organise-t-on pour notre vie commune prévu dans moins de cinq mois ? ». J’ai tenté des approches, des suggestions… mais jamais il n’embrayait… vaguement il répondait « oui, on pourrait faire tel truc, oui, faut voir… »

Un jour, (comme l’année dernière) il déniche des prix très intéressants pour six jours à Marrakech… Et hop, on saute sur l’occasion… et hop, nous nageons dans une rivière de dopamine…

 

Marrakech… hmm…

Comment dire… à l’identique de Prague l’année passée, il refuse de faire autrement que comme il en a l’habitude : j’avais le numéro de téléphone d’un guide pas cher et très compétent, qui pouvait nous faire découvrir des trucs hors touristes extraordinaires sur une durée d’un jour et demi… ça nous laissait largement le temps de nous consacrer au « vieux Marrakech » le reste du séjour…

 

Mais il n’aime pas les guides…nous avons donc passé les six jours dans le vieux Marrakech…

 

Pour autant, j’ai adoré être dans un décor étranger, nouveau, inconnu… avec lui… de découvrir des beautés historiques, d’être éblouie, et de partager cela avec lui…j’avais le sentiment de « créer » quelque chose de nouveau entre nous, d’entretenir, d’alimenter une complicité…

 

A deux trois reprises, lors d'un banale discussion (comme le jour où je l’ai présenté à ma famille et le soir de mon anniversaire ainsi qu’a deux-trois diner), il est partit dans des explications, sortit du sujet de conversation… et ça… et bien, je supporte de moins en moins… c’est plus que gavant de ne pouvoir discuter, échanger avec respect… aussi, je le dis, je me « rebelle »… et ça clash ! Oh, pas un clash comme ceux connus et qui ont finit par un départ à 3h du mat… mais, ce jour-là (jour de notre départ de Marrakech), l'atmosphère était tendue…

 

En fait, j’étais si sonnée, qu’arrivés à l’aéroport, je n’avais pas encore réussi à prendre mon déguisement de « on fait comme si de rien n’était »…

Sonnée et triste… mais avec une pointe d’agacement qui par moment ressemblait à s’y méprendre à de la colère...

A tel point que lors de notre attente à l’aéroport, je lui ai dit qu’au début de notre relation, j’avais eu un sentiment d’infériorité face à sa culture… et que je me rendais compte à quel point j’avais tort, parce que sur le plan de l’intelligence relationnelle et émotionnelle, je me sentais carrément supérieur à lui…

Et j’en rajoutais une couche sur le fait, qu’on apprend à tout âge, et que lui qui se vante d’avoir une soif insatiable d’apprendre tout le temps, il ferait bien de chercher à combler ses lacunes dans ce domaine…

 

Vexé le môssieur ? bien sûr !

Je me demande si quelqu’un d’autre que moi, a osé auparavant lui parler de la sorte… Ceci étant, au vu de son « ouverture, tolérance, écoute, ect… » il aurait pu sauter sur l’occasion pour ouvrir un dialogue… non… il s’est refermé plus surement qu’un bigorneau…

 

Bon, j’en m’en suis mordu les doigts… je voyais notre voyage amoureux finir en queue de poisson…

Tout ça parce que j’avais « Osé » exprimer ce que je pensais !

 

[Oh la vilaine ! Méchante ! Puisque c’est comme ça : pas de tendresse, mots d’amour, baisers ou autre, jusqu’à nouvel ordre !]

 

Même le gars de l’aéroport chargé de faire les annonces, s’en est pris pour son grade : alors qu’il annonce que l’avion a 3/4h de retard, le Prince-Pas-Charmant va se plaindre que ce retard allait nous faire louper le dernier RER…

Le pauv’ mec ! Il a tenté de dire, qu’il n’y pouvait rien… Le Prince-Pas-Charmant en a remis une couche…

J’ai eu trop honte, j’ai été m’excuser auprès de l’employé…

 

[Lorsqu’un évènement, une discussion, reportage, article ou autres, m’amène à repenser à Prague, Marrakech, Barcelone, ou même aux autre destinations que nous avions envie de découvrir ensemble… j’ai un amer sentiment de gâchis qui m’envahit… je me rend compte que la superficialité dominait largement… que la profondeur était totalement absente de nos échanges… alors que nous avions la chance incroyable de pouvoir vivre des moments « vrais »… si je retourne aux mêmes endroits, je mettrais un point d’honneur à réécrire le scénario, afin que ces magnifiques villes ressemblent à des souvenirs dignes de ce nom…]

 

Le lendemain à Paris. Soirée Jazz-Manouch de prévue dans un resto avec des membres de sa famille et des amis à eux…

Durant le diner, il me prend la main, et me disant à quel point il m’aime… : laisse couler quelques larmes…L’émotion me bouleverse…

La soirée a été gaie, joyeuse, riche en amitié, échanges humains, rires, chansons…

C’était le soir de la St Valentin, et cette soirée a été un superbe cadeau…

 

Le lendemain soir, chez ses parents, alors que nous sommes au lit :

 

Lui    : je t’aime ma chérie

Moi   : je t’aime aussi mon amour

Lui    : j’aimerais te rendre heureuse

Moi   : c’est aussi mon désir… qu’est-ce que je t’apporte ?

Lui    : tu m’apporte beaucoup, tu me pousses en dehors de mes retranchements, tu me fais grandir, je me sens quelqu’un de mieux à tes côtés, j’aime être avec toi, je t’aime.

Moi   : parfois, j’ai peur que le décalage culturel, par rapport à tout ce que tu connais en arts, te semble trop important…

Lui    : visiter une expo avec toi est un vrai plaisir, tu t’intéresses à tout, j’aime pouvoir t’expliquer, te faire découvrir… j’aime ta curiosité, j’aime ta soif d’apprendre, je t’aime, j’ai envie de vivre avec toi, j’ai envie que ça dure toujours… je suis profondément heureux avec toi…

 

Bon, on peut dire que ça, c’était un bon gros [cadeau]

 

Le temps est donc venu pour une petite [claque]

 

Le départ de Paris est prévu à 14h. J’ai émis le souhait de faire une halte pour voir deux de mes enfants. C’est à deux heures de Paris, cela nous fait donc arriver à 16h.

Sauf que… le départ n’en finit pas… et c’est à 17h passé que nous arrivons… trop tard pour visiter le lieu de travail ou j’avais tant envie de les voir évoluer…

Nous avons quand même été prendre un thé chez eux… mais, du coup, le Prince-Pas-Charmant à fait attention à ne pas déborder sur l’heure… car son fils nous attendait pour diner…

 

La boule est remontée jusque dans ma gorge, j’avais du mal à parler… mon lien maternel en a pris un coup… c’était douloureux…

 

Le lendemain, il s’est excusé, m’a proposé d’y retourner le jour même (encore un truc irréalisable : 2h30 de route aller et idem au retour, sur une journée !...)

 

Il s’est rendu compte  -je pense-  de la difficulté que j’allais avoir à « avaler » cet épisode… et pendant les quatre semaines qui suivent, j’ai droit à une nouvelle trêve faite de concerts, déclarations d’amour, spectacles, diners, tendresse infinie, cinéma, apéro, retrouvailles amoureuses…

 

Nous sommes à quatre mois d’aménager ensemble… toujours aucunes discussions sur le « comment nous organisons-nous ? »…

 

Nous sommes également à trois mois de la fin… à trois mois de ma « délivrance »…