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Je n’ai pas détaillé tous les accros en Espagne, car ça serait trop long… Comme lors de notre voyage en République Tchèque, tout ou presque a été fait selon SES critères… d’où les heurts, car je commençais à me rebeller…

 

Début septembre, nous dinons au restaurant… Nous sommes bien. Il m’informe qu’il compte passer un week end à Paris, il hésite pour la date…

En fait, mi-septembre, soit il va à Paris, soit il alterne la garde de son fils…

Autrement dit, lui qui, dès le début a commencé à fêter la date anniversaire de notre rencontre, est en train de m’expliquer que pour nos « un an » il ne sera pas là…

De suite je puise dans ma réserve « d’admettons » en me disant qu’il a pas percuté…

Comment lui dire sans que sa phobie de la communication surgisse ? Doucement, j’émets le souhait que nous nous appliquions à dégager du temps pour notre couple, la relation…

 

P-P-C :  - mais c’est pas s’qu’on fait !!!

Moi    :  - si, bien sûr, mais je veux dire, qu’on garde à l’esprit ; qu’avoir des moments d’intimité pour se retrouver est important…

 

Je ne sais plus comment ça a dérapé, mais ça a encore dérapé…

Le lendemain, j’ai réussi à glisser de façon toute opportune, que j’aimerais que l’on soit ensemble pour nos « un an »… Ouf, il l’a entendu…

Tant mieux car, je lui confectionnais un cadeau avec mes p’tites mains, et ça m’aurait carrément déçue de lui offrir hors contexte…

Bon, lui n’a rien prévu comme "présent" en cette occasion… Tout est normal pour un Prince-Pas-Charmant… Je me garde bien de faire une quelconque remarque, j’ai comme la sensation que je suis attendue au tournant…

 

Il va à Paris le week end suivant. Môssieur l’indépendant, est frustré car, deux RDV qu’il avait sont annulés. Censé rentrer le lundi soir, car il devait aller dans un magasin spécifique le lundi, il m’appel pour me demander si je veux bien venir le chercher à la gare le dimanche soir car… je lui manque trop, il veut me voir…

Bien sûr que j’y vais.

 

En fait, chaque fois qu’il agit comme j’aimerais pouvoir agir (exprimer une envie, un manque…), c’est comme une piqure d’espoir que notre relation va gagner en respect et complicité… pour ensuite me faire reprocher d’attendre trop, de vouloir trop…

 

[Les bases de la déstabilisation mentale…]

 

A présent :  L’Evènement

 

Sur lequel je suis revenue X fois, tellement ça m’a marqué, touché, blessé… et à propos duquel, non seulement il n’a jamais présenté d’excuses spontanées, mais il m’a affirmé que cela pouvait se reproduire… pour ensuite me reprocher d’être quelqu’un qu’on ne peut pas rassurer…

 

Un vendredi : je prends un verre avec un ami de longue date et pas vu depuis un an et demi. L'ami est curieux de connaitre mon « amoureux » propose un diner pour ce faire.... J’en fais pars le soir même au Prince-Pas-Charmant.

 

P-P-C     : - avec plaisir, j’en serais honoré.

Moi        : - le blême c’est que mon ami n’a pas d’autres dispo qu’entre le lundi et le vendredi de la semaine non pas suivante, mais celle d’après, et il m’appellera la semaine prochaine, pour préciser quel jour lui et sa femme seront libre.

P-P-C     : - Nous sommes également invité chez un pote à moi, mais lui n’a pas encore parlé de dates… alors, tu vois avec ton ami pour le jour, et moi, je ferais en fonction…

 

Hmm, tout en délicatesse… Je savoure cette fenêtre d’attention chargée d'amour.

 

Le lendemain nous nous rendons à Paris pour l’anniversaire de son père. Réunions de famille chaleureuse et agréable. Mon train est prévu deux jours après, nous en profitons pour voir une expo. Il fait beau, nous profitons de ces trois jours de vacances, il est tendre, amoureux, me le dit, je le vois, je lui rend, nous sommes bien.

La veille de mon départ il reçoit un coup de fil d’une amie, qui l’informe que, passant dans sa région, elle s’arrêterait bien 3-4 jours chez lui la semaine prochaine.

 

P-P-C : - Unetelle vient passer 3-4 jours chez moi la semaine prochaine.

Moi    : - Ah…

 

Je me dis que, soit il l’a prévenu qu’un soir de cette même semaine il serait absent… Soit… il va me dire, là « hmm, chérie, comment fait-on pour le diner prévu ? Car Unetelle vient sur cette période… »

Rien. Pas un mot.

 

 

[Mais qu'est-ce que tu te prends la tête ma fille !!! Il t'aime, il te le dit suffisement, et, juste avant le week-end, il a déclaré "tu vois avec ton ami pour le jour, et moi, je ferais en fonction…"... alors ! Fais confiance un peu ! Rhaaa, les filles alors, toujours à croire que leur mec va se montrer goujat...]

 

 

Je rentre en train. Et les deux jours suivant, nous nous appelons comme d’hab. et, hormis les « je t’aime », « tu me manques », nous échangeons des banalités (comme d’hab.)

 

Jeudi 18h : mon ami appelle pour m’informer que leur disponibilité à lui et sa femme est : le mardi.

J’appelle le Prince-Pas-Charmant direct. Il est dans le métro, la communication passe très mal, il entend ce que je dis, bégaye un peu… et finit par me dire qu’il me rappelle en sortant du métro.

 

23h : pas plus d’appel que de beurre dans l’placard…

Je lui envoie un sms : « tu voulais pas me rappeler en sortant du métro ? »

Il m’appel aussitôt. Il bafouille un peu…

 

 

P-P-C  : - ça tombe mal pour le diner, y’a mon amie qui arrive le lundi soir ou le mardi matin, je vais pas la planter dès son arrivée… On pourrait pas reporter le diner ?

Moi     : - je te l’ai dit, il n’est pas dispo avant les vacances de Noël

P-P-C  : - et si on faisait le diner chez moi ?

Moi     : - hmm… non, je refuse de mettre mon ami dans l’embarras de devoir refuser : il n’a pas le permis et sa femme n’aime pas conduire la nuit. De plus ils sont très stricte sur l’heure de couché des enfants… (1h15 de route entre les deux domiciles…)

 

Nous clôturons la conversation gênés…

Le lendemain matin il m’appelle. Me demande si je suis « fâchée »… « Non, déçue »…  Il encaisse, mais ne développe pas. Je lui demande pourquoi, la veille il ne m’a pas rappelé comme il en avait l’intention, en sortant du métro…

"En sortant du métro, je devais aller dans un magasin qui allait fermer… après il fallait que j’aille prendre un pot avec une amie… après il fallait que je dine avec mes parents…"

 

[Craquera, craquera pas… explosera-t-elle, ou encaissera-t-elle ? qu’il est rigolo ce jeu…]

 

Pour la p’tite info : je n’ai ni craqué, ni explosé, j’ai juste pris une triple dose « d’admettons »…

Lorsqu’il rentre de Paris, il dort chez moi… Les couches de pommade qu’il me passe ne remplacent pas un dialogue… qui n’a évidemment pas lieu…

 

La demoiselle Unetelle est prévue d’arrivée le mardi dans la matinée…

Mardi midi, je reçois un coup de fil de mon fils qui est à l’étranger depuis 15 jours. Il est dans ce qu’on peut nommer : le trou du cul du monde…

Avec une voix tout droit sortie d’outre-tombe il m’informe que ça fait trois jours qu’il a une très forte fièvre… La conversation est courte, il est faible…

Je sais que dans le village où il se trouve, il n’y a ni hôpitaux, ni médecin…

 

Bon… heu… d’abord je flippe… ensuite, j’angoisse… ensuite, je panique… Mon premier réflexe est d’appeler le Prince-Pas-Charmant… une voix, une phrase, des mots, n’importe quoi, du moment que ça a un gout de réconfort… Hmm, je me reprends : si j’appelle alors que la demoiselle Unetelle arrive, je vais me faire (une fois de plus) cataloguer de jalouse qui cherche un prétexte pour s'imisser… J’envoie un sms… il me répond par sms que mon fils devrait aller voir un médecin.

Il m’appelle un peu plus tard.

 

P-P-C : - alors, qu’est-ce qu’il a ton fils ?

Moi    : - je ne sais pas, il m’a juste dit qu’il avait beaucoup de fièvre depuis trois jours… je le sentais vraiment pas bien… je suis inquiète…

P-P-C  : - t’inquiète pas, une fièvre, c’est courant dans ce genre de pays…

Moi     : - (je pleure)… hmm, mais je suis inquiète…

P-P-C  : - ce soir j’emmène Unetelle et ses filles visiter la ville, vient avec nous…

Moi     : - j’en ai pas vraiment envie…

P-P-C  : - vient nous rejoindre au restaurant, on y rejoint d’autres amis…

Moi     : - (en pleure) Prince-Pas-Charmant, t’as pas bien compris… je me sens pas bien là…

P-P-C  : - justement, sors, change toi les idées…

Moi     : - Nan, heu… Prince-Pas-Charmant… je vais mal… la dernière chose que j’ai envie de faire c’est d’être resto avec des inconnus…

P-P-C   : -mais si, ça te fera du bien…

Moi      : -Prince-Pas-Charmant… je vais pas bien… je vais mal, vraiment…

 

Ensuite, il a l’air de comprendre que je suis pas juste vaguement inquiète… mais que je flippe carrément… il me dit des mots rassurants, il m’assure de son amour, il me dit qu’il est là, qu’il souhaiterait pouvoir me prendre dans ses bras…

Ses mots et ses attentions me font du bien. J’arrive à positiver un moment…

 

[À savoir que mon fils n’a pas vraiment de protection vaccinale, j’en avais informé le Prince-Pas-Charmant avant le départ de mon fils…... si tant est qu'il y a besoin de "justifier" une inquiètude de mère...]

 

Mon inquiétude est revenue au galop pour ne plus me lâcher de la soirée… Comme au moment du coup de fil de mon fils, j’ai envie, besoin de réconfort… Je passe la soirée avec mon téléphone dans les mains… espérant un mot, un signe du Prince-Pas-Charmant…

Rien.

L'empathie... Une des valeurs qu'il clame à tout va, mais dont il ignore totalement le sens... C'est quelque chose de récurent chez lui : emagasiner des connaissances sans en comprendre la teneur...

Cette petite vidéo lui serait fort utile... Si tant est qu'il sortirait de la "projection* "...

 

 

* [Processus inconscient qui intervient lorsque l’individu n’admet pas avoir tel trait de caractère (ou telle émotion) parce que celui-ci est inacceptable pour lui, il le projette donc sur autrui.]

 

Le lendemain matin. Il m’appelle.

 

P-P-C   : - tu as passé une bonne soirée mon cœur ? Tu es moins inquiète ?

Moi      : - non, je m’inquiète encore… et j’ai espéré hier soir, recevoir un sms, un coup de fil de ta part…

P-P-C   : - ah, oui, j’y ai pensé tout l’après-midi… et ensuite, je t’ai zappé…

 

Entre la tension de la semaine précédente, l’inquiétude de la veille et le manque de sommeil… la discussion est vite partie en vrille… et j’ai même lâché un « tu t’fou d’ma gueule ?! »

 

[Par la suite, c’est juste ce dont il se souviendra, allant même jusqu’à me reprocher de l’avoir accueilli par téléphone avec ce « tu t’fou d’ma gueule ?! ».......... mais en fait... et quand bien même ?....]

 

La discussion ultra tendu s’arrête en queue de poisson, et je ne sais pas s’il va exécuter l'intention dont il m'a fait part, de venir me voir ce même après midi…

Il me rappelle en début d’après-midi. Nous faisons tous les deux un effort pour apaiser l’atmosphère. Je me risque quand même à lui demander :

 

Moi     : -tu viens ?

P-P-C  : -non, il est trop tard, Unetelle est partie à la plage avec ses filles, et rejoindre une amie…

Moi     : -elle est partie quand ?

P-P-C   : -il y a 20mn

Moi      : -il lui faut 3/4h pour y aller, autant pour revenir, et elles vont « profiter » de la plage plus d’une heure… ce qui nous permet de nous voir cet après’m…

P-P-C   : -ok… alors j’arrive…

 

Lorsqu’il est arrivé, il m’a pris dans ses bras, nous avons pleuré… il m’a entouré de tendresse, de mots d’amour… Il me demande de venir chez lui le soir pour diner avec son amie et l’amie de celle-ci… Je décline, je me sens trop sens dessus dessous… mais je lui assure que je serais là le lendemain soir.

 

Son téléphone sonne. C’est la demoiselle Unetelle. Chez moi, je suis seule et aucune musique n’est allumée, j’entends donc la conversation, même sans haut-parleur. La demoiselle est loin d’être conne, elle a parfaitement compris qu’il y avait une tension entre nous. En plus d’être "pas bête", elle fait preuve d’empathie et d’intelligence émotionnelle. Elle lui dit qu’elle est revenue chez lui, qu’elle va se débrouiller, qu’il n’y a pas de soucis, elle lui demande de prendre tout le temps dont il a besoin, voir, de rester dormir chez moi… et qu’ils se verront le lendemain.

Le Prince-Pas-Charmant ne sachant pas que j’entendais la conversation… lui répond… « ça va aller, à tout à l’heure… »........Et il s’en va une heure plus tard…

 

Et moi, je ne sais pas -encore- que cet épisode marquait définitivement la fin d’un quelconque possible entre nous.

 

Depuis juillet le rythme de mon travail a baissé… mais à partir de cet épisode il dégringole carrément…